Débat général – Nous opposer au discours simpliste et anxiogène de la droite et de l’extrême droite

Malheureusement, depuis plusieurs mois, la situation internationale et le contexte politique général laissent peu de place à l’optimisme. À l’exception éventuelle des derniers résultats électoraux en Suède marqués par un victoire d’un large bloc de gauche, rares sont les démocraties à ne pas céder aux sirènes démagogiques de l’ED. Face à ce défi, nous devons tout mettre en œuvre à notre échelle pour que les résultats électoraux de Saxe-Anhalt ne sonnent pas comme un mauvais présage pour la France.

En Suède, ce sont les thèmes du pouvoir d’achat, de l’école et de la santé qui ont fini par s’imposer dans le débat, supplantant ceux de l’immigration et de l’insécurité portés par la droite et l’extrême droite.
Toute comparaison gardée, la période qui s’ouvre en France avec le débat sur le budget ne peut que nous inquiéter. Les premières propositions de Lecornu ne sont globalement pas acceptables, mais pire, ce dernier négocie déjà la non-censure avec le RN, accélérant encore la normalisation politique de ce parti, déjà quotidienne dans les médias, et accréditant davantage ses propositions en piochant dans son programme xénophobe, libéral et écocide.

Autre exemple de cette fuite en avant mortifère, la commémoration patriotique du 11 novembre. Les collègues s’émeuvent de plus en plus de la perspective de cette instrumentalisation politique de l’histoire et de la mémoire. Par conséquent, nous devons sortir de ce CN avec un positionnement clair, sans doute celui d’une demande d’abrogation du décret, et avec des consignes et des modes d’actions unifiées pour que les collègues soient en capacité de se mobiliser de façon franche, unitaire et majoritaire.

Ce CN s’ouvre également dans une séquence de mobilisations de rentrée, et dans la perspective de la grève fonction publique du 29 septembre, premier point d’orgue national de la rentrée syndicale. Il convient évidemment de faire de cette date une réussite, mais sans en attendre les chiffres, d’anticiper ses suites et les rebonds possibles.
La semaine dernière sur France Inter, Sophie Binet promettait un hiver social difficile au gouvernement, dans ce contexte d’inflation, et en particulier des prix de l’énergie et des carburants. Des blocages de dépôts pétroliers ont déjà eu lieu, et sans doute devons-nous aussi nous préparer à prendre position et à nous mobiliser sur une nouvelle version des Gilets jaunes à l’horizon du 17 octobre. Cela pourrait-être un prolongement intersyndical au 29/09 et à la pression que nous envisageons de mettre sur le débat budgétaire. Le déclassement salarial vécu par les collègues du fait du gel du point d’indice rapproche leurs difficultés de celles de tous les salariés qui dépenseront en 2026 plus d’un mois de salaire en carburant, ce qui risque d’être aussi le cas notamment pour les collègues TZR et non-titulaires, AESH et AED.

En général, rares sont les mouvements sociaux qui ponctuent une année électorale. Si tel était le cas, nous devons nous en saisir, non par simple opportunisme, mais pour y faire vivre nos analyses et nos propositions dans le débat budgétaire, lors des élections professionnelles et bien entendu lors du débat de l’élection présidentielle. La droite et l’ED redoutent à raison que la mobilisation sociale détourne les électeur·ices de leur discours simpliste et anxiogène.
La contribution de la FSU à la résistible ascension de l’ED consiste justement de les empêcher de dérouler à leur aise leurs thématiques austéritaires, identitaires et sécuritaires, de pouvoir peser partout et dans toutes les luttes où nous sommes présent·es, pour que vive le débat et les mobilisations, sur des thématiques qui comme en Suède, souhaitons-le-nous, permettront d’envisager sereinement le printemps.

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