Débat action – Présentation du texte action de l’école émancipée

Présentation du texte action de l’École Émancipée :

Cette rentrée se déroule dans un contexte particulièrement lourd, à la fois sur le plan social, écologique, international et politique.

Au niveau international, la guerre en Ukraine se poursuit, les populations civiles continuent de payer le prix des conflits et des affrontements au Moyen-Orient, et les puissances cherchent à imposer leurs intérêts. L’extrême droite continue de progresser, notamment en Amérique latine.

Par ailleurs, nous sommes confronté·es à une urgence écologique qui devient de plus en plus concrète. Les canicules, les sécheresses, les incendies et les événements climatiques extrêmes se multiplient. Cela a évidemment des conséquences sur nos conditions de vie, mais aussi directement sur nos conditions de travail et sur celles des élèves. La question du climat n’est donc pas séparée de la question sociale : ce sont les populations les plus modestes et certaines catégories professionnelles qui sont les plus exposées.

Et pourtant, alors qu’il faudrait investir massivement dans l’adaptation au changement climatique, dans les services publics et notamment dans la rénovation des bâtiments, le gouvernement fait le choix de l’austérité. Le budget annoncé pour 2027 prévoit de nouvelles économies qui pèseront sur les salarié·es, les retraité·es, les précaires et les services publics. Pour nous, il n’est pas acceptable de demander toujours davantage aux classes laborieuses alors que ce sont elles qui produisent les richesses.

Concernant le bâti scolaire, les fortes chaleurs ont montré que les conditions matérielles dans lesquelles nous travaillons ne sont plus acceptables. Rénover les établissements, améliorer leur isolation, leur ventilation et leur qualité de l’air doit devenir une priorité de politique publique. C’est à la fois une question écologique, une question de santé et une question de conditions de travail.

Tout cela intervient dans un contexte politique particulier, avec les élections présidentielles qui approchent et une extrême droite qui est aux portes du pouvoir. Cela donne une responsabilité particulière au mouvement syndical : nous devons défendre nos revendications, nos services publics, les libertés syndicales et une société fondée sur la solidarité, sans laisser nos combats être récupérés par quelque force politique que ce soit.

J’en profite pour dire notre soutien à Fabienne dont la situation, si elle le souhaite, peut être dans le texte final, même de façon anonyme, pour dire notre résistance à toute forme d’intimidation.

Dans l’Éducation nationale, nous faisons face à une accumulation de réformes, d’injonctions et d’évaluations, alors que les problèmes essentiels restent les mêmes depuis des années maintenant : manque de personnels, classes trop chargées, difficultés de recrutement, précarité, dégradation des conditions de travail et insuffisance des moyens.

Nous devons donc poser la question de l’école que nous voulons. Une école qui donne aux élèves les moyens de comprendre le monde et de développer leur esprit critique, plutôt qu’une école pilotée par les chiffres, les évaluations standardisées et les prescriptions successives. Cela concerne notamment les évaluations nationales et l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle, qui doivent être interrogées à la fois sur le plan pédagogique, social et écologique. C’est le sens de notre focus dans le texte.

Nous devons défendre une école émancipatrice. Cela signifie notamment refuser que l’École soit instrumentalisée à des fins nationalistes ou militaristes. La transmission de l’histoire doit permettre aux élèves de comprendre les conflits et leurs causes, de confronter les points de vue et de construire leur esprit critique, et non d’imposer un discours sur le sacrifice ou l’obéissance. C’est l’enjeu autour du 11 novembre.

Face à tout cela, la journée du 29 septembre ne peut pas être une simple journée d’action isolée. L’enjeu est de construire un rapport de force dans la durée, dans l’Éducation mais aussi dans l’ensemble du monde du travail. Cela passe par la mobilisation à tous les échelons et la construction d’un cadre intersyndical large.

Et c’est bien dans cette logique qu’il faut articuler les différentes mobilisations à venir : participer à la mobilisation écologique du 26 septembre, faire du 29 septembre une étape importante sur les salaires, les services publics et les conditions de travail, construire les actions contre les violences sexistes et sexuelles des 28 septembre et 25 novembre, et poursuivre dans nos établissements le travail syndical sur le bâti scolaire, les évaluations, l’intelligence artificielle, les libertés syndicales et la lutte contre l’extrême droite. Toutes ces mobilisations ne doivent pas être pensées séparément : elles peuvent au contraire se renforcer mutuellement et nous permettre de construire, à partir du terrain et dans la durée, le rapport de force nécessaire pour défendre nos métiers, nos services publics et une société plus juste.

Dans le cadre des élections à venir, le SNES-FSU doit faire connaître ses positions et propositions afin de mettre l’école au centre du débat public.

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