Débat action – Un plan d’action pour mobiliser la profession et pour gagner !

En cette fin d’année scolaire où nos constats sont largement partagés, et avant une rentrée qui ne sera pas comme les autres à bien des égards, la question est bien de savoir comment on mobilise les collègues et comment on les embarque derrière le SNES et la FSU. En prenant appui sur les mobilisations et nos réussites, il nous faut imposer un rapport de force inversé face aux politiques à l’œuvre depuis plus de 10 ans. 

Alors, comment on embarque les collègues ? D’abord, en partant de ce que l’on sait faire, en leur montrant que l’action paie et en continuant de visibiliser médiatiquement nos luttes, notamment celles qui nous ont permis de faire bouger les lignes, ne serait-ce que ces vies scolaires fermées la semaine dernière. Mais surtout, il nous faut un plan d’urgence, clair et massif, dès la rentrée et on partage les grandes lignes de ce qui a été proposé. 

Ce plan, il doit reposer sur trois piliers :
1. Les salaires et la précarité : faire campagne sur le dégel et l’indexation du point d’indice ainsi que les grilles de salaires ; réclamer aussi la titularisation des non-titulaires et contractuel·les, bref unifier et rassembler les collègues autour de mots d’ordre communs. 
2. Les conditions de travail : climat et bâti scolaire, management toxique, injonctions ministérielles… Depuis le COVID la coupe est pleine. On ne peut plus accepter que notre ministère de tutelle nous ignore ou pire nous maltraite !
3. La défense de l’école et du service public : l’éducation prioritaire, les projets autour de l’IA, la démassification ou encore contre la militarisation de l’école… Le ministère avance masqué, mais son projet est clair : démanteler l’école pour tous et toutes. Nous devons dénoncer avec force ces projets et avancer nos propositions en positif.

Le point sur lequel il nous semble important d’appuyer c’est la nécessité de prendre le temps de préparer et construire une mobilisation massive à l’automne : grève, rassemblements, occupations symboliques. A nous de donner le tempo et des perspectives engageantes à toutes les échelles aux collègues pour faire entendre leurs voix. Il faut se donner les moyens de dérouler un plan d’action dans la durée. Encore une fois, l’expérience du plan d’urgence 93 peut être un modèle inspirant. 

Contre la résignation des collègues, la clé c’est montrer que la lutte ça permet de relever la tête et de changer les choses. Et que le SNES-FSU, c’est bien leur outil pour se défendre et pour l’action. A ce titre peut-être faudrait-il plutôt formuler les choses en positif, plutôt que de dire que « le SNES ne s’interdit pas de poursuivre la mobilisation » : on sait que cela sera un impératif.

*Point de désaccord également avec ce que dit Gregory : si les violences systémiques ne sont pas de même nature entre le public et l’institution catholique, force est de constater que les VSS existent bel et bien dans le 1er et le second degré, où en tant que commissaires paritaires nous ne cessons de traiter des situations en CAPA depuis le début de l’année. Donc pas d’amalgame et de confusion, mais il est nécessaire de faire preuve de discernement et de clairvoyance contre toute situation d’omerta. On doit pouvoir trouver une formulation qui fasse consensus sans être dans le déni.

Donc pour conclure oui, la rentrée sera difficile et il y a du pain sur la planche. Mais si on décide ensemble de ne plus subir, alors nous aurons fait le plus gros du chemin pour l’École et nos métiers, mais aussi pris notre part militante pour que l’inéluctable n’advienne pas.