Plus jamais ça !

Cette promesse issue de la Seconde Guerre mondiale ne tient plus qu’à un fil plus de 80 ans après. Multiplication des guerres impérialistes, contournement de l’ONU, piétinement de ses résolutions et du droit international par des puissances privilégiant les rapports de force aux solutions diplomatiques… C’est ainsi près de 45 % de la population mondiale qui vivent aujourd’hui dans un pays touché par des conflits ou des guerres civiles (source : FMI). Les perdant·es de ces conflits sont toujours les populations civiles qui subissent destructions, famines, déplacements forcés, atteintes aux libertés et autres répercussions économiques.

La France n’est pas en reste dans le développement de politiques militaristes. Cela passe tout d’abord par les discours pour imposer cette logique comme nécessaire avec Emmanuel Macron et son « réarmement démographique » ou encore le chef d’état-major des armées et l’acceptation de « voir mourir ses enfants ». Dans le même temps, les budgets militaires augmentent année après année, une orientation encore renforcée par la nouvelle loi de programmation militaire discutée actuellement au Parlement (avec l’objectif, fixé par l’OTAN, d’atteindre 5 % du PIB à l’horizon 2030). Mais cette loi ne se limite pas à une hausse des dépenses d’armement, elle remet en cause la démocratie en facilitant la mise en œuvre d’un état d’urgence par le Conseil des ministres en cas de menace ou d’engagement d’un allié de la France dans un conflit… Derrière l’argument sécuritaire se dessine le risque d’un recul durable des droits et libertés des citoyen·nes, des travailleur·euses dans notre pays.

Tout cela permet d’amplifier le climat anxiogène dans le but de justifier la poursuite de l’austérité budgétaire appliquée aux services publics d’éducation et de santé, et d’invisibiliser les véritables besoins de la population, comme l’augmentation des salaires, la présence de services publics de proximité ou encore la nécessaire bifurcation écologique.

Dans cette période, le rôle du syndicalisme est essentiel. C’est bien sûr porter les revendications des salarié·es pour un partage plus juste des richesses entre le capital et le travail qui doit se concrétiser dans l’augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail. C’est aussi défendre les libertés face aux dérives autoritaires, dénoncer les manœuvres qui opposent sécurité et démocratie. Mais l’urgence est de promouvoir la paix, car sans paix, aucun droit humain, social ou démocratique ne peut durablement être garanti. Défendre la paix ce n’est donc pas s’éloigner du combat syndical : c’est au contraire créer les conditions indispensables pour que la justice sociale, la solidarité et la démocratie puissent continuer à vivre et à progresser. ■

Émilie Moreau