Lutter intégralement contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants


Reposons les bases de ce qui doit nous porter à la FSU sur le sujet des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants. Elles ne régresseront qu’avec une prise en charge réelle de tous les volets portés par la coalition féministe et enfantiste. L’instauration de mécanismes de détections systématiques et la prévention en sont les fondations. Pour cela, nous devons agir sur les représentations et les pratiques professionnelles : NOS pratiques professionnelles. 

Le mardi 22 septembre en commission, une majorité de député·es a adopté un amendement supprimant le caractère obligatoire de l’entretien destiné à l’école, à repérer les enfants victimes de violences. Cet entretien ne deviendrait que « proposé » et aurait lieu sur « demande » de l’enfant. Ces gens sont-iels déjà allé·es dans une école du premier degré ? là où les élèves ne voient aucun·e enseignant·e du RASED, aucune psychologue scolaire, et une infirmière, parfois, une demi journée tous les 4 ans sur demande des enseignantes ? Ces gens ont-iels bien entendu les lycéen·nes de Saint Denis expliquant qu’il n’y a pas d’AS ni d’infirmière scolaire dans certains établissements ? 

Un entretien individuel obligatoire pour toustes les enfants de la maternelle à 18 ans, c’est la première des 82 préconisations de la CIIVISE. Nous savons que la majorité des enfants n’arrivent pas à dire ce qu’iels vivent et ne savent pas poser les mots. Nous savons que l’enseignement de l’EVARS peine à se mettre en place faute de formation ce qui réduit d’autant les espaces où les enfants peuvent prendre conscience de leur situation et construire une relation de confiance avec un·e adulte de son choix en capacité d’accueillir sa parole. Pointons que seul·es 10% des élèves de CP sont réellement vus pour la visite obligatoire de santé des 6 ans (20% en éduc prio) :  espace qui devrait aussi normalement servir à la détection et la prévention.

Le caractère systématique, avec des personnels formés, permettant ce repérage est déterminant. Les questionnaires anonymes qui ne vont pas au bout du questionnement, passés en groupes classes, ça ne peut pas fonctionner ! Ce questionnaire n’est que l’outil qui permet d’enterrer les débats sur l’entretien. 

Alors pourquoi cette réécriture de l’article 30 ? Parce que c’est un enjeu de moyen. Pour que chaque enfant puisse bénéficier de cet entretien annuel obligatoire et systématique  Il faut une loi de programmation pour monter en régime : aujourd’hui on a seulement 2500 assistantes sociales, une infirmière pour 1300 élèves, 1 psy pour 1500 élèves et un médecin pour 13000 élèves prenant en charge la totalité des élèves. Le gouvernement recule parce qu’il ne veut mettre aucun euro pour projeter la création des 15000 personnels santé-psycho-sociaux ni garantir un plan de formation massif des personnels à l’EVAR/S, aux VSS et à minima à l’accueil de la parole. 

En cette journée d’annonce de budget, il est du rôle de notre fédération de pousser pour que cet article 30 soit réintégré en revendiquant le budget nécessaire à son application : du personnel et de la formation. Ce n’est pas à nous, syndicalistes, d’anticiper une soi-disant difficulté de programmation budgétaire et de recrutement en adaptant nos revendications. Pour rappel, il a été décidé de mettre entre 2024 et 2030 436 milliards d’euros pour l’armée. Nous n’avons pas à rougir de demander que tout soit mis en œuvre pour protéger les enfants des violences qu’iels subissent en les détectant et en agissant. On parle de 160 000 enfants ! On ne pense pas une loi essentielle comme celle-ci sans budget, sous couvert d’un contexte austéritaire.

Ne revoyons pas au rabais nos ambitions pour une école publique émancipatrice et des services publics forts qui protègent les plus vulnérables.

Cette loi ne sera intégrale que si le budget qui y sera consacré est lui aussi intégral en prenant en compte toustes les acteurices de cette lutte contre les VSS : l’ASE, la PJJ, les hôpitaux, les associations, les travailleureuses du milieu médico-psycho-social, les associations et tous les maillons qui permettront de mettre en place la prévention, la détection et la prise en charge des victimes. 

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