Les affrontements impérialistes coûtent cher aux travailleur·euses du monde entier


Demain jeudi, Macron déroulera le tapis rouge à Milei. Il vient en France pour attirer les capitaux des industriels fossiles, après une visite aux États-Unis où il a réaffirmé son alignement sur Trump et Netanyahou. Dans les bagages de Milei, une douzaine de gouverneurs de provinces, principalement minières. Il cherche à se ménager leur appui politique car il lui manque des voix pour faire adopter son budget 2027. Il lui en manque aussi pour faire adopter sa réforme électorale suspendant les primaires ouvertes, simultanées et obligatoires. Ces primaires servent à désigner les candidat·es des partis politiques avant les élections générales nationales. Sous couvert de baisse des dépenses publiques, Milei espère en réalité disperser les voix de ses adversaires.

Le tableau est complet. On y retrouve les traits caractéristiques de l’extrême droite : soutien inconditionnel au pouvoir israélien génocidaire, compromission avec les industries fossiles, corruption érigée en principe directeur de l’exercice du pouvoir. Mais on y retrouve aussi les gages que Macron et son gouvernement n’ont de cesse de donner à cette extrême droite, et la mobilisation de certaines fractions du patronat (finance, énergie, tech) à son service.

Nous y sommes : une part de la bourgeoisie a basculé, considérant l’extrême droite comme la plus à même de protéger ses intérêts de classe. Pourquoi ne s’en remet-elle plus à la droite traditionnelle ? Le capitalisme connaît une crise d’accumulation qui s’intensifie à mesure qu’elle se confronte aux limites planétaires. Cette alliance carbofasciste entend la dépasser par des mesures de plus en plus violentes : pillage de l’argent public et de la Planète, destruction des droits et libertés, répression des mouvements sociaux…

Pour le dire autrement, le capitalisme en crise trouve dans l’extrême droite une façon de contenir ses contradictions à l’intérieur des états où elle a été portée au pouvoir. Au plan international, l’extrême droite garantit une approche prédatrice qui profite au capital, mais conduit à des tensions géopolitiques de plus en plus violentes. Par exemple, c’est l’accès aux réserves pétrolières mondiales et l’affaiblissement de la Chine que vise Trump, entraînant des tensions et des guerres qui coûtent cher, au sens propre comme au sens figuré, aux travailleurs et travailleuses du monde entier.

Ces affrontements impérialistes connaissent une telle accélération que l’on assiste à un processus de remilitarisation à l’échelle mondiale, particulièrement intensif en Europe. Ce processus n’est pas défensif, il prépare la guerre. En France, sa promotion à l’école, comme par les cérémonies commémoratives obligatoires du 11 novembre, participe de cette logique. L’analogie des trajectoires impérialistes passées dont la Grande Guerre est le résultat, et présentes, avec l’agression russe en Ukraine, ou celle des États-Unis en Iran, est saisissante.

Pour notre syndicalisme, comprendre et donner à voir l’imbrication de ces enjeux est essentiel : crise écologique, affrontements impérialistes, remilitarisation et poussée de l’extrême droite sont autant de symptômes de la crise d’accumulation capitaliste. C’est la raison pour laquelle nous devons mener de front et sans les hiérarchiser, les combats pour la paix, les droits et libertés, la justice sociale et écologique, la solidarité internationale, contre le fascisme. Et la raison pour laquelle nous avons la responsabilité d’ouvrir des perspectives de mobilisations à la colère sociale légitime qui s’exprime. Oui, notre syndicalisme peut empêcher minuit dans le siècle !

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