L’école au service du libéralisme

  • Intervention de Céline Sierra au conseil nationale du SNUIPP-FSU de janvier 2023

La séquence que nous sommes en train de vivre est bien évidemment marquée par la mobilisation contre la réforme des retraites. Une victoire aurait pour vertu de mettre un premier coup d’arrêt à l’entreprise libérale menée par le gouvernement. Entreprise d’asservissement de la société aux plus riches qui ruine nos retraites, bloque nos salaires et détruit les services publics dont l’école.

Pour autant, nous ne devons pas abandonner les questions éducatives et porter nos revendications pour une école réductrice des inégalités et émancipatrices pour toustes.

Cette école émancipatrice passe par un plan d’urgence pour l’école avec des moyens créés. Or, c’est exactement l’inverse que nous impose le gouvernement puisque 1117 postes seront supprimés à la rentrée prochaine, situation inédite depuis 2012 et la priorité à l’école.

Avec ses notes de services, Pap Ndiaye dans la droite ligne de Blanquer poursuit l’assujettissement du système scolaire aux besoins des plus riches. Il installe un nouveau Conseil Académique des Savoirs Fondamentaux, préconise de restreindre pour le cycle 3 et la maternelle les apprentissages à des « fondamentaux » toujours plus étriqués, étend les évaluations nationales au CM1 et à la 4ème pour en faire un outil de pilotage de l’ensemble de la scolarité obligatoire, bégaie la référence à des « bonnes pratiques » fondées sur « la preuve » qui font souvent la preuve de peu de choses, si ce n’est du mépris des ministres successifs pour les personnels de l’éducation nationale. D’un côté un parcours scolaire restreint, soumis à une employabilité limitée au plus bas de l’échelle sociale, de l’autre des cursus permettant d’accéder aux places dominantes dans la société. L’école ségréguée est savamment orchestrée !

La lutte des classes a bien lieu en classe, et le gouvernement, comme le précédent, fait des pratiques enseignantes le champ de cette bataille.

Nous allons, dans le cadre de la mobilisation retraites, aller au contact des collègues, tenir des AG, des réunions de secteurs… pour organiser la lutte et continuer de convaincre. Ces lieux doivent être aussi ceux où l’on expose le puzzle des réformes dans l’Éducation augmentant son caractère ségrégatif.

La volonté Macronienne d’inscrire dans l’agir enseignant des pratiques exacerbant les inégalités scolaires doit nous conduire à faire de l’enjeu pédagogique un objet syndical de premier plan. Pour que cet enjeu soit partagé collectivement, nous devons multiplier, localement, les débats professionnels avec nos collègues. Nous devrons aussi prendre localement et nationalement des initiatives (travail commun, rencontres, colloque…) en direction de la recherche et des mouvements pédagogiques pour élaborer les contours d’une école offrant à tous ses élèves, et particulièrement celles et ceux subissant les dominations, l’ensemble des savoirs nécessaires pour penser le monde et le transformer.


La séquence que nous sommes en train de vivre est bien évidemment marquée par la mobilisation contre la réforme des retraites. Une victoire aurait pour vertu de mettre un premier coup d’arrêt à l’entreprise libérale menée par le gouvernement. Entreprise d’asservissement toujours plus grand (il me semble que la phrase est plus facile à comprendre sans cette partie)de la société aux plus riches qui ruine nos retraites, bloque les nos salaires et détruit les services publics dont l’école publique.

C’est pourquoi Nous ne devons pas abandonner les questions éducatives et devons porter nos revendications pour une école réductrice des inégalités et émancipatrices pour toustes.

Cette école émancipatrice passe pour le SNUIPP-FSU par un plan d’urgence pour l’école avec des moyens créés. Or, c’est exactement l’inverse que nous impose le gouvernement puisque 1117 postes seront supprimés à la rentrée prochaine, situation inédite depuis 2012 et la priorité à l’école primaire.

A cette saignée, Pap Ndiaye dans la droite ligne de Blanquer ajoute l’édiction avec ses notes de services de l’assujettissement du système scolaire aux besoins des plus riches. Il installe un nouveau Conseil Académique des Savoirs Fondamentaux, préconise pour le cycle 3 et la maternelle de nouvelles directives visant à restreindre les apprentissages à des « fondamentaux » toujours plus étriqués, érige encore plus les évaluations nationales étendues au CM1 et à la 4ème en outil de pilotage de l’ensemble de la scolarité obligatoire, bégaie la référence à des « bonnes pratiques » fondées sur « la preuve » qui font souvent la preuve de peu de choses, si ce n’est le mépris des ministres successifs pour les personnels de l’éducation nationale. D’un côté un parcours scolaire restreint, soumis à une employabilité limitée au plus bas de l’échelle sociale, de l’autre des cursus permettant d’accéder à l’ensemble des savoirs garantissant la pérennité de l’accès aux places dominantes dans la société. L’école ségréguée est savamment orchestrée !

La lutte des classes a bien lieu en classe, et le gouvernement, comme le précédent, fait des pratiques enseignantes le champ de cette bataille.

Nous allons, dans le cadre de la mobilisation retraites, aller au contact des collègues, tenir des AG, des réunions de secteurs… pour organiser la lutte et continuer de convaincre. Ces lieux doivent être aussi ceux où l’on expose le puzzle des réformes dans l’Éducation (école du futur, évaluation d’école, Grenelle, fondamentaux, évaluations nationales, réforme des lycées…) augmentant son caractère ségrégatif.

L’absence de moyens et la volonté Macronienne d’inscrire dans l’agir enseignant des pratiques exacerbant les inégalités scolaires doivent nous conduire à faire de l’enjeu scolaire et pédagogique un objet syndical de premier plan, en menant plus radicalement l’offensive contre les modèles dominants de ségrégation des acquis scolaires. Cela passe par au moins deux types de tâches: la première est de multiplier le plus localement possible les débats professionnels avec nos collègues, pour que la conscience de l’enjeu pédagogique soit la plus collective possible. La deuxième, c’est de prendre localement et nationalement des initiatives (travail commun, rencontres, colloque…) pour élaborer par un travail avec la recherche et les mouvements pédagogiques, les contours d’une école offrant à tous ses élèves, et particulièrement celles et ceux subissant les dominations, l’ensemble des savoirs nécessaires pour penser le monde et le transformer.