- édito de l’équipe responsable de l’école émancipée
« fachés, pas fachos », « je défends mon avenir au lieu de le préparer », « la jeunesse emmerde le front national »
En quelques jours, les lycéen·nes, depuis les réseaux sociaux, depuis les parvis de leur établissement, depuis la rue, imposent aux yeux de tous·tes leur colère légitime qui déborde et emmènent dans leur sillage tous·tes celleux qui veulent les suivre, des personnels de l’éducation aux étudiant·es, en passant par les salarié·es. Et si le moment charnière se trouvait là ?
Les mobilisations en cours atteignent déjà une ampleur historique. Les revendications sont nombreuses et la conséquence directe de la casse des services publics d’éducation à l’oeuvre, orchestrée par des gouvernements successifs.Ceux-ci n’ont rien proposé d’autre à la jeunesse que des classes surchargées dont les murs ne les protègent ni de la chaleur, ni du délabrement général du bâti scolaire, un tri social généralisé dont Parcoursup est le maître d’oeuvre, des réformes successives qui accentuent les inégalités et le refus de mettre des moyens à la hauteur des besoins – humains et budgétaires – dans l’école publique.
Quelles réponses l’institution leur apporte-t-elle? Ils et elles demandent des profs, des moyens et des perspectives, le gouvernement leur oppose fermetures d’établissement, répression et violences policières.
Ce mardi 6 octobre : la détermination dans les cortèges ne faisait aucun doute. Ce qui se joue là dépasse la seule question scolaire. Lorsqu’ils et elles refusent ces conditions d’apprentissage et le tri social, la question posée est celle du monde auquel ils et elles aspirent. Une chose est sûre, ce n’est ni celui des politiques libérales destructrices des services publics ni celui de l’extrême-droite.
Notre responsabilité syndicale est de répondre présent·es : il y a un mois encore, nous terminions notre édito par « l’avenir reste à écrire ». Tout porte à croire que la jeunesse ne compte pas se le laisser voler !
