Les municipales de 2026 ont-elles permis une remise en jambe du mouvement social en peaufinant son implication lors d’une campagne d’élections politiques avant l’échéance de 2027 ? Loin du niveau d’engagement des législatives de juin 2024, porté par la nécessité d’endiguer la menace de l’accession au pouvoir de l’extrême droite comme par celle d’imposer des alternatives sociales et écologiques au libéralisme, le mouvement social s’est néanmoins impliqué de multiples façons pour peser sur la campagne. Une implication rendue plus compliquée par le format du scrutin, 35 000 élections locales et autant de contextes différents.
Pour autant, les politiques locales, notamment en termes de services publics, et leur influence dans la vie quotidienne des habitant·es montrent l’importance de peser sur la campagne, en particulier lors de chaque renouvellement de mandat. En dehors de listes « citoyennes » pouvant rassembler en leur sein des acteurs·trices du mouvement social, différentes interventions l’ont permis durant la campagne.
Le mouvement féministe dans toute sa diversité s’est particulièrement investi, au-delà des manifestations du 8 mars à une semaine du premier tour, en publiant plusieurs textes et manifestes en faveur de villes et communes féministes. Une perspective nécessitant un suivi politique et des moyens budgétaires dédiés afin notamment de lutter contre les violences, imposer l’égalité professionnelle parmi les agent·es municipaux·les, améliorer le service public de la petite enfance, soutenir les associations féministes, garantir l’accès à la santé sexuelle ou encore repenser l’espace public avec des lunettes égalitaires…
Le syndicalisme a également pris sa place dans la campagne, notamment dans les écoles primaires, avec la compétence communale sur l’entretien et le fonctionnement des écoles, comme dans la territoriale avec les conditions de travail des agent·es particulièrement dégradées par le sous-effectif chronique.
De son côté, le collectif Nos services publics a initié une campagne unitaire autour d’une charte de 14 exigences, pour que les candidat·es s’engagent à défendre des services publics préservant les libertés et l’égalité d’accès aux droits et prenant en compte les enjeux écologiques, la réduction des inégalités et la démocratie locale. Cette base nationale a ensuite vécu localement à travers interpellations de candidat·es, débats, décryptages de programmes ou collages d’autocollants « Dans ma commune, je vote services publics ». Au final, un petit échauffement du mouvement social à parfaire et amplifier pour 2027. ■
A. M.
