■ PAR ÉÉ SNEP- FSU
Le congrès du SNEP-FSU, syndicat national de l’éducation physique, s’est tenu à Guidel (Morbihan) du 22 au 26 mars, rassemblant environ 200 congressistes dont dix militant·es de l’École émancipée (ÉÉ).
Seules deux des tendances fédérales coexistent au SNEP-FSU : Unité et Action (UA), ultra majoritaire, et l’ÉÉ, qui recueille cette année 6,39 % des voix du vote d’orientation, en hausse de 0,33 %. Ce résultat nous permet de maintenir nos trois élu·es au bureau national. Par ailleurs, l’ÉÉ sort renforcée de ces cinq jours de débats puisque trois délégué·es et deux militant·es de l’équipe d’organisation ont exprimé leur souhait de nous rejoindre après avoir assisté à nos interventions et participé à nos réunions de tendance.
Ce congrès s’ouvrait alors que l’écologie et le féminisme reculent en France comme dans tant d’endroits dans le monde, que Trump et Netanyahu enflamment le Moyen-Orient, et aussi au lendemain du deuxième tour des élections municipales qui ont vu l’extrême droite progresser encore, à un an d’échéances électorales majeures.
Notre intervention d’ouverture du congrès portait la nécessité d’un engagement du mouvement syndical à développer et entretenir des liens de solidarité étroits avec les mouvements de jeunesse, étudiants, féministes, paysans… pour créer les convergences de tout le mouvement social afin de résister à la radicalisation autoritaire du néolibéralisme. Elle développait aussi l’idée selon laquelle dans la période de bascule actuelle, il était important que le SNEP et la FSU soient des pôles de résistance à l’extrême droite, à ses idées nauséabondes, et des organisations qui désobéiraient si les fascistes arrivaient au pouvoir. Dans cette perspective, nous avons exprimé le souhait que le SNEP et notre fédération participent à la construction d’un front antifasciste large, qui rassemble organisations syndicales, mouvement associatif mais aussi partenaires de la gauche politique. Appel ou soutien à la désobéissance et périmètre d’un front antifasciste auquel participerait le SNEP-FSU ont été parfois âprement débattus en commissions mais nos propositions ont été intégrées et votées dans les textes finaux.
Soutien à l’opposition aux JOP
Parce que L’École émancipée porte la critique radicale du sport de compétition et des grands événements sportifs internationaux (Gési), nous avons avancé la nécessité d’une expression du congrès en soutien au mouvement d’opposition aux Jeux olympiques et paralympique (JOP) de 2030 dans les Alpes. En commission et en plénière nous avons défendu le fait que le texte qui analysait déjà les conditions actuelles d’organisation de ces JOP comme inacceptables, soit complété par la formulation : « le Snep-FSU ne saurait les soutenir en l’état ».
L’affichage public d’un non-soutien à des JOP est, à notre connaissance, une première pour le SNEP-FSU. Les interventions des délégué·es de l’académie de Grenoble, directement concerné·es, mais aussi celles d’autres congressistes, montrent que dans la profession, pensées et discours prennent de plus en plus en compte les conséquences sociales, écologiques et démocratiques désastreuses des grandes compétitions internationales.
Ce congrès a aussi été celui de la création officielle d’une cellule contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) au sein du SNEP-FSU. Si les potentielles saisines liées à des VSS impliquant des adhérent·es du SNEP-FSU continueront d’être orientées vers la cellule FSU, la cellule du SNEP-FSU a un rôle essentiel à jouer dans le domaine de la prévention et donc de la formation. Le bilan effectué en fin de congrès par les deux militant·es du SNEP membres de la cellule fédérale, référent·es VSS pour la durée du congrès, montre que le congrès n’a été exempt ni de propos ni de comportements sexistes, paternalistes voire harcelants.
D’un point de vue global, nous avons perçu une légère modification de l’orientation générale du SNEP-FSU. Perception confirmée par une intervention d’une de nos co-SG qui relevait que notre syndicalisme devait s’adapter d’une part à la disparition des commissions paritaires, d’autre part à l’évolution des problématiques sociétales et aussi aux nouvelles générations de militant·es porteuses de sujets et de modalités de mobilisations différentes. Nos interventions dans les instances à venir viseront à appuyer cette évolution que nous jugeons très positive et que nous portons dans toutes les instances. ■
