Défendre les libertés syndicales face à l’extrême droite alliée au patronat

Intervention de l’ÉÉ dans le débat général

La nouvelle mise en examen de Sophie Binet intervient quelques mois seulement après une première offensive judiciaire engagée pour avoir dénoncé les pratiques du patronat. Cette fois encore, il lui est reproché d’avoir publiquement qualifié de « répression patronale violente » les agissements de l’entreprise Tefal à l’encontre de militant·es syndicaux et de lanceur·ses d’alerte sur les PFAS.

La volonté des patrons de dénier à leurs salarié·es le droit de rester des citoyen·nes, d’avoir des opinions sur tous les sujets qui ont trait à la vie de l’entreprise, fait comprendre aux salarié·es que les sujets sur lesquels ils et elles peuvent agir et peser sont, à l’inverse des patrons et dirigeants d’entreprise, très restreints.

Ces procédures bâillon ne sont pas des faits isolés. Elles participent d’un climat plus large de remise en cause des libertés syndicales et de criminalisation de la parole militante. À Hénin-Beaumont, mairie d’extrême droite, deux syndicalistes de la fonction publique territoriale sont exclus malgré un avis défavorable unanime du conseil de discipline. A Carcassonne, l’intersyndicale doit affronter un édile RN menaçant les locaux syndicaux. Des militant·es de la FSU font également l’objet d’attaques, de menaces et de campagnes de ciblage politique, illustrant une pression croissante contre l’action syndicale.

Dans le même temps, le rapprochement de plus en plus assumé entre une partie du patronat et l’extrême droite soulève de vives inquiétudes. Les rencontres entre le MEDEF, de grands patrons et les dirigeant.es du Rassemblement national traduisent une banalisation préoccupante des liens entre pouvoir économique et extrême droite.

Dans ce contexte, les attaques contre les syndicats cherchent à affaiblir les contre-pouvoirs défendant les droits des salarié·es, les services publics et les libertés démocratiques. À l’approche des élections professionnelles, où la représentativité syndicale constitue un enjeu majeur, ces pressions — procédures judiciaires, sanctions disciplinaires, menaces, intimidations — visent aussi à fragiliser les organisations syndicales et celles et ceux qui portent des revendications collectives..

La FSU doit réaffirmer que dénoncer les pratiques patronales, défendre les conditions de travail, la santé des salarié·es ou les droits syndicaux n’est pas un crime, ce n’est pas non plus « faire de la politique », c’est faire du syndicalisme. La liberté syndicale est un droit fondamental dont la remise en cause exige une réponse collective et solidaire, notamment par une forte mobilisation lors des élections professionnelles.