Qui aurait pu prédire ?

 « Qui aurait pu prédire ? »

Ça y est, nous subissons les catastrophes climatiques annoncées : elles se répètent et s’intensifient : canicules, incendies et mégafeux, inondations, tempêtes et ouragans… Les conséquences sont déjà très lourdes sur les écosystèmes : sols et végétation desséchées, calcinées, populations d’oiseaux et d’insectes en déclin… L’espèce humaine n’est pas en reste. Au-delà du pic estival de mortalité, plusieurs études montrent que les épisodes caniculaires influent sur notre santé mentale. C’est également le dérèglement de l’économie, à commencer par les impacts sur l’agriculture et notre alimentation. Enfin, dans notre sphère professionnelle, beaucoup d’écoles et cours extérieures sont des fournaises, au détriment de la santé et les conditions de travail des personnels comme des apprentissages des élèves.

 « Qui aurait pu agir ? »

Face à des chaleurs insupportables pour les organismes, 4000 écoles ont dû fermer, ailleurs on a improvisé des brumisateurs ou scotché des couvertures de survie aux fenêtres. Mais dans la quasi-totalité, les cours ont été empêchés pendant plusieurs semaines car non, on n’enseigne pas dans ces conditions !

Pendant que le Président bombait le torse sur son scooter des mers cet été, le gouvernement annulait 40 millions d’euros sur les 50 du fond pour adapter les écoles et établissements scolaires au réchauffement climatique. La semaine dernière, avec 157 millions d’euros d’annulation de crédits, les missions budgétaires de l’écologie, du développement et de la mobilité durables étaient les plus durement touchées par les mesures prises pour « enrayer le dérapage budgétaire ». Pour 2027, ce budget est d’ores-et-déjà prévu en baisse si on le rapporte à la prévision d’inflation. En parallèle, c’est la course à la suppression des normes pourtant protectrices, comme le montre la loi dite « d’urgence agricole ».

Face à l’absence totale d’anticipation de mesures d’atténuation, le marché de la climatisation explose. Les réponses ministérielles et présidentielles renvoient vers des solutions individuelles et locales. Dans ce contexte, que dire de la proposition d’augmenter le temps de classe en juillet ?!

Mais ne pas se dire : « Qui aurait pu mobiliser ? »

C’est bien notre responsabilité syndicale aujourd’hui, alors que l’urgence est là et que cette préoccupation sociétale croit, notamment chez les jeunes générations dont nos collègues. Il s’agit d’une prise de conscience dans nos « chairs » des alertes données depuis un quart de siècle.

A la FSU et à la FSU-SNUipp, nous avons des mandats offensifs, sur lesquels nous appuyer pour mobiliser. La campagne conduite au sein de l’AES comme l’action « météo des classes » ont révélé l’état de vétusté et de non-adaptation du bâti scolaire, pour lequel il est nécessaire de mobiliser 5 milliards d’euros dans un plan sur 10 ans.

Agissons au plus près du terrain, en invitant les équipes à exprimer leurs besoins, avec les parents d’élèves. En travaillant si possible avec les collectivités territoriales.

La mobilisation que nous engageons sur le budget 2027 intègre systématiquement les enjeux écologiques (aux côtés des pompier∙es, de l’ONF…) qui doivent faire partie des mots d’ordre de la grève fonction publique du 29 septembre et de ses suites, y compris en interpro.

En parallèle, engageons-nous partout dans les marches organisées samedi 26 septembre « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale », qui sont un mouvement citoyen à investir, une vraie convergence des luttes. Envisageons les suites afin de réorienter la politique nationale.

Car on ne pourra pas s’adapter si on n’intervient pas pour atténuer le dérèglement : un monde à 50°, où l’eau et l’alimentation se raréfient ne sera pas viable. Imposons dans la campagne présidentielle la nécessité d’une planification budgétaire, une politique globale, sur la décarbonation mais aussi pour une agriculture moins intensive, une lutte contre les polluants ou encore le partage de l’eau.

Concevoir une justice écologique mais aussi une rupture avec les diktats capitalistes mortifères relève totalement de notre syndicalisme de lutte et de transformation sociale.

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