Faire du 29 une première étape de la mobilisation contre le budget

Le 29 septembre approche, et la colère est immense dans nos écoles. Qu’il s’agisse de nos salaires, des conditions de travail, des conséquences du piratage, ou de la situation intolérable des AESH renforcée par les annonces du président à la CNH, si on s’en donne les moyens, la mobilisation sera massive. Mais soyons lucides : une seule journée ne suffira pas. Notre objectif ne doit pas seulement être de mobiliser le plus de collègues possible. Il doit être de sortir du 29 avec davantage de collègues capables, à leur tour, d’en mobiliser d’autres sur la question du budget.

Pour légitimer les suites de notre action, rappelons l’urgence : investir dans nos services publics est une nécessité sociale absolue. Aujourd’hui, les élèves, les personnels et l’ensemble des classes populaires subissent de plein fouet l’exacerbation des violences économiques, sociales et environnementales. Face à cette détresse, l’école et les services publics doivent être des boucliers.

Pourtant, on nous répète sur tous les tons qu’il n’y a pas d’argent . Mais ce n’est pas une fatalité, ce sont des décisions politiques. En dix ans, les choix fiscaux d’Emmanuel Macron ont privé l’État de 60 milliards d’euros de recettes par an. Ils ont beau jeu maintenant de nous dire ne pas avoir d’autre solutions que de baisser les crédits consacrés au fond vert de 162,5 millions d’euros. Et puis, ne nous y trompons pas, ce ne sont pas ces quelques millions qui renfloueront les caisses. Que représentent-ils au regard des 413 milliards budgétisés dans la loi de programmation militaire ? Rappelons-nous l’échelle entre milliard et millions : un milliard de secondes c’est 31 ans, un million de seconde équivaut à 11 jours…

D’autres choix sont pourtant possibles. L’économiste Christian Chavagneux le rappelle : il n’y aura pas de maîtrise du déficit sans hausses d’impôts. Regardons nos voisins : l’Allemagne, l’Italie et le Portugal ont réussi leur redressement budgétaire en augmentant les taxes. Il s’agit alors de faire payer à chacun sa juste part, notamment les ultra-riches et les grandes entreprises.

Ce gouvernement est fragile. Sans majorité à l’Assemblée, il est fébrile. C’est précisément le moment d’imposer notre rapport de force et de porter des perspectives de gauche audibles pour un budget de progrès.

Pour gagner, nous devons organiser cette colère sur le terrain. Ne pas seulement appeler les collègues à se mobiliser, mais les rendre acteurs et actrices de la mobilisation. Dans cette période pré-électorale, où nous allons plus massivement à la rencontre des collègues en tours d’école, en stages, en RIS … Partons de leurs préoccupations et de leurs colères. Identifions celles et ceux qui sont prêt·es à s’engager. Ne laissons pas tout reposer sur les seul⋅es militant⋅es habituel⋅les. Le 29 septembre ne sera que le début de la construction du rapport de force. Il sera intéressant d’utiliser la dynamique créée pour repartir immédiatement à la rencontre des collègues. Proposer des initiatives, mettre dans le calendrier les prochaines étapes et les élaborer avec les personnels, pour gagner un autre budget.

Mobilisons-nous, et imposons un autre avenir pour notre école, pour la société !

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