En 2019, la très mal nommée stratégie « Bienvenue en France » a mis en place pour les universités des « droits différenciés » pour les étudiant·es extra-communautaires (hors UE), qui consistaient en une très forte augmentation de ces frais, au motif que les étudiant·es hors UE devaient contribuer davantage au coût de leur formation en France. Grâce à la mobilisation des étudiant·es et personnels universitaires, cette mesure n’était pas mise en place, car les universités en exonéraient systématiquement ces étudiant·es. Mais deux éléments ont changé la donne. D’une part, les universités ont été asséchées financièrement et sont presque toutes en lourd déficit, si bien que certaines (comme Strasbourg) ont décidé de mettre en place les droits différenciés cette année. D’autre part, pour récupérer de l’argent mais surtout pour flatter l’extrême droite, le gouvernement vient d’interdire par décret la plupart des exonérations accordées par les universités : à terme, seuls 20 % des étudiant·es hors UE pourront en être exonéré·es.
Si ce décret est effectivement appliqué, les étudiant·es extra-communautaires devront payer 2 895 euros par an en licence et 3 941 en master (contre 178 et 254 euros habituellement). Penser que les étudiant·es qui viennent en France sont issu·es de familles riches est une illusion : l’université française attire les (très) bon·nes étudiant·es, rarement les riches. Cette mesure raciste vise avant tout les étudiant·es africain·es, qui sont les plus nombreux·ses. Elle s’ajoute à la fin des allocations logement (APL) pour ces mêmes étudiant·es. L’argument du ministre de l’Enseignement supérieur selon lequel les étudiant·es visé·es ne paieraient finalement que le tiers du coût de leur formation est un mensonge : les universités ont été tellement appauvries qu’une année de licence coûte moins de 2 900 euros…
Bien que le décret date du 19 mai, les mobilisations continuent dans les universités, à l’appel d’une large intersyndicale étudiante et enseignante. Elle se poursuivra à la rentrée pour empêcher la mise en place de cette politique indigne. ■
