Débat action : Intervention sur la revalorisation (Guilaine De San Mateo, BN, Bordeaux)

mercredi 18 novembre 2020  |  par  ÉÉ-SNES  | 

Les propositions de Blanquer ne sont largement pas à la hauteur du besoin de revalorisation de nos professions. Les enseignant-es en France sont parmi les plus mal payé-es de l’OCDE et ce ne sont pas les mesures annoncées qui vont changer la donne. La prétendue « revalo » annoncée par Blanquer ne concernera que 30% des enseignant-es, celles et ceux en début de carrière dont il est temps d’augmenter le traitement, mais qui ne sont pas les seul-es dans ce cas. Même la prime d’équipement exclut des catégories de personnels, telles les CPE, qui ont pourtant recours aux outils numériques pour travailler. Il n’est d’ailleurs absolument pas question d’augmentations de salaires, mais seulement de primes, dont il sera plus facile de réduire le montant ou l’assiette, voire de les faire disparaître totalement.
Nous devons le dire clairement et expliquer dans les médias ce que sont réellement ces propositions car on entend des erreurs ou contre-vérités comme sur France Inter qui parlait lundi soir de 220 euros nets de prime d’équipement et d’une augmentation salariale jusqu’à 100 euros. La prime d’équipement est en réalité de 150 euros annuels. Quant à la prime d’attractivité, elle sera dégressive : la soi-disant augmentation de 100 euros mensuels ne concerne en fait que les enseignant-es aux 2ème et 3ème échelons, puisqu’aucune prime n’est prévue aux 1er, 8e, 9e, 10e et 11e échelons (qui concernent 70% des collègues). Entre le 4ème et le 7ème échelon, c’est une prime qui ne donne pas 100 euros mais entre 40 et 30 euros de plus par mois... Même d’un montant de 100 euros, cette prime ne permet pas de couvrir les pertes induites par le gel du point d’indice depuis une décénie. Mais en réalité, elle est bien moindre, ce qui fait justement titrer le « Café Pédagogique » : « 12 euros 50 et c’est tout ? »
De plus, sur la table du Grenelle, il y a toujours les contreparties attendues par Blanquer en terme d’augmentation du temps et de la charge de travail. Or nos conditions de travail sont si dégradées que ce n’est pas acceptable. Nous devons revendiquer et obtenir (essayer en tout cas !) qu’elles soient améliorées, ce qui passe notamment par la suppression des deux HSA obligatoires et par la baisse de notre temps de travail.
Attention à ce que notre présence au Grenelle ne soit pas instrumentalisée par ce ministre toujours prêt à se gargariser d’avoir discuté avec les organisations syndicales et n’hésitons pas, comme cela a été dit par Frédérique hier, à quitter les commissions si nous voyons que nous n’obtiendrons rien de satisfaisant. Il faut d’ailleurs raisonnablement s’y préparer car rien ne laisse présager de bon, ni dans les conditions dans lesquelles le ministre entend nous placer (les organisations syndicales sont minorisées dans les différents « ateliers » de ce Grenelle, le SNES, majoritaire dans son champ, l’est encore plus que d’autres orgas), ni dans les termes du débat, dont les intitulés sont tendancieux et laissent entendre que le métier serait un vieux dinausore (un vieux « mamouth ») pesant, lourd, figé, qu’il faudrait rendre plus « souple », « agile », « flexible », pour reprendre les termes chers à la macronie (et sa novlangue néolibérale).
La crise sanitaire actuelle a montré, et ne cesse de le faire, la grande utilité sociale des enseignantes et enseignants, des métiers de l’éducation (des services publics en général), l’opinion publique, les parents d’élèves en sont conscients en ce moment alors affirmons que nous voulons des moyens à la hauteur des enjeux pour l’Education. Face aux milliards du plan de relance, destinés aux grandes entreprises, nous ne devons pas avoir peur de revendiquer des moyens qui permettent tous les recrutements nécessaires mais aussi une vraie revalorisation de tous les métiers de l’éducation.
Cela implique de faire de la pédagogie dans les médias comme auprès de nos collègues pour faire connaitre nos propositions, expliquer qu’elles sont possibles et que cela suppose de construire le rapport de forces nécessaire, avant la fin des discussions avec le ministère.
C’est pour cela que la date de décembre est importante car c’est maintenant que les collègues sont sur le coup des annonces de Blanquer ; c’est à nous, au syndicat de proposer une action nationale, en la préparant avec du matériel (autocollants, percutants si possible !) et pas de contribuer à l’éparpillement et à nous de peser dans la fédération et dans l’intersyndicale.


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