Cette dernière CAN de l’année s’ouvre comme les autres dans un contexte morose. A l’international : un effondrement de l’ordre international associé à un recul des régimes démocratiques, la progression des droites radicales et autoritaires partout dans le monde, les guerres et les victimes civiles qui n’en finissent pas.
En ce mois des fiertés, rappelons qu’en France et dans le monde l’homophobie tue : lois encore plus criminalisantes au Sénégal, ou à Metz, la mort de Noahm le 2 juin suite aux coups reçus. Les VSS sont toujours un sujet d’actualité. D’ailleurs ce soir, la coalition féministe, dont la FSU est membre, appelle à un rassemblement place Vendôme pour Lyhanna et toutes les victimes.
En France, la percée de l’extrême-droite lors des élections municipales est symptomatique de son implantation dans le paysage politique. Abandonnant ses réflexes historiques, la gauche parlementaire est plus intéressée par les tractations et la prochaine présidentielle que par l’union et la mise en place d’un rapport de force. La minute de silence à l’assemblée pour le jeune fasciste Quentin Deranque montre que les digues sont rompues.
Dans ce contexte morose et attentiste, l’école est dans la tourmente et nous savons qu’elle sera instrumentalisée dans la campagne présidentielle. Les suppressions de postes à la rentrée, les conditions d’enseignement qui se dégradent comme celles de l’encadrement des élèves (AED/AESH avec 2 et 9 juin), les salaires gelés, le manque d’attractivité global de nos métiers, l’état du bâti scolaire.
Si nos collègues semblent résigné·es, iels peuvent aussi être capables de se mobiliser comme cela a été le cas localement tout au long de l’année et dans certains établissements actuellement. Nous ne savons pas quelle thématique les fera sortir dans la rue en septembre. Mais cette CAN est l’occasion d’y réfléchir et d’élaborer les leviers pour redonner espoir, infléchir le rapport de force et pour croire qu’à terme les dynamiques créées et les mobilisations seront payantes.
La responsabilité est grande pour le mouvement syndical en général, pour le SNES et la FSU dans l’Education nationale. Cette année nous n’avons pas su mettre réellement en œuvre notre plan d’action. Pour réussir la mobilisation de rentrée, il nous faut nous appuyer sur toutes les victoires ou avancées possibles, comme autant de jalons pour ne pas nous résigner, pour réaffirmer la pertinence de nos mandats et revendications.
Commençons par contrer toutes les attaques et les mensonges du gouvernement : sur le nombre d’élèves par classe et la démographie, sur le discours décliniste du niveau qui baisse, sur les suppressions de postes, sur l’absentéisme et les postes non pourvus, et au-delà sur le budget, et le cout réel de l’EN et du service public pour mieux dénoncer les méfaits de l’école privée. Les analyses du SNES sont reconnues par la profession, il faut continuer à les diffuser sous toutes les formes possibles, peut être en développant des visuels ou formats plus courts, plus synthétique, qui imprimeront dans le débat public. Cette campagne doit être menée dès ce mois de juin même si les lycées sont déjà dans les épreuves du bac, pour inscrire la mobilisation dans la tête des collègues. Nous ferons ainsi d’une pierre deux coups en amorçant la campagne des élections professionnelles.
Regardons également autour de nous pour voir et nous inspirer de ce qui fonctionne. Grève des prof au Mexique et dans plusieurs régions autonomes d’Espagne. En Bolivie, le mouvement social est dans la rue contre le président pro-Trump et sa politique.
Bref, mettre le SNES en ordre de bataille pour défendre le modèle social et les services publics est un impératif. Face à la morosité, face à la résignation, face aux récits écrits d’avance, notre rôle est clair : empêcher la bascule et redonner espoir par l’action. Les victoires existent, ici et ailleurs. Elles nous rappellent que rien n’est jamais joué d’avance.
