Construire une lutte fédérale commune pour et avec les AESH

Intervention au titre du pluralisme des SD dans le débat général

La lutte pour un statut pour les AESH s’inscrit pleinement dans un combat de reconnaissance des personnels mais aussi plus largement dans celui d’un service public d’éducation réellement inclusif, émancipateur et respectueux de tous ses personnels. Cette mobilisation ne peut être qu’une lutte collective, inscrite dans la durée, et doit faire l’objet d’une campagne fédérale ambitieuse de la FSU.

On a pu voir après le rejet du Sénat, et la forte réaction populaire qu’il a suscité, que le vernis communicationnel d’une priorité à un système éducatif inclusif ne berne plus personne. Loin de répondre aux enjeux, les 2000 créations en réalité 800, sonnent comme un énième acte de mépris envers les personnels et les élèves, un nouveau renoncement pour l’inclusion et au-delà le service public d’éducation.

Face à cela, la FSU doit porter une campagne nationale fédérale sur le statut des AESH, inscrite dans le temps long, permettant un travail dans toutes les sections pour gagner ce statut nationalement en l’articulant à des revendications plus globales sur l’Ecole, les conditions de travail et les politiques éducatives.

Elle serait rythmée par des communications autour de mots d’ordre qui actent la reconnaissance de leur professionnalité comme par exemple l’appellation  « salle des personnels » et séquencée par des dates déjà inscrites dans le calendrier :

– autour du 11 février, date anniversaire de la loi 2005,

– autour de la grève féministe du 8 mars en l’investissant de manière catégorielle dans les communications et les cortèges pour mettre en avant les luttes et les revendications de nos essentielles invisibilisées.

C’est aussi un effet loupe qui donne à voir plus largement, la précarisation de nos métiers.

– Avec des dates/actions nationales menées avec les parents d’élèves et les différents acteur·ices de l’inclusion, pour avancer dans nos mandats et marteler que l’inclusion ne se pense que de manière systémique. Le remplacement, la formation, les effectifs, l’investissement dans le lycée professionnel, le lycée agricole… c’est penser l’inclusion, c’est penser toute l’école. 

Et, à quelques mois des élections professionnelles, se rappeler qu’il n’y a pas meilleur moyen de faire campagne que dans les luttes et dans l’action.

Avec le contexte de forte baisse démographique, nous devons élever le rapport de force pour renforcer l’enseignement public, gagner un système éducatif plus inclusif et le statut des AESH.

Dans cette perspective la mise en place de commissions fédérales AESH dans les départements est un levier essentiel. Elles permettraient aux collègues de construire collectivement leurs revendications, de croiser les expériences, mais aussi de faire corps de la maternelle à l’université, dans un monde du travail qui divise, fragmente et individualise.

C’est une condition pour construire ensemble, sur un pied d’égalité, une lutte fédérale commune pour un système éducatif réellement inclusif, fondé sur des droits, des statuts, et la solidarité entre tous les personnels.