Aride ministère de l’éducation

Maux de tête, épuisement, diminution des capacités cognitives et de concentration, déshydratation, nausées, crampes, hyponatrémie… Les risques de débordement des mécanismes de thermorégulation à la suite de fortes chaleurs sont reconnus par le ministère de la Santé. Pourtant, lors des canicules de mai et juin, dans les écoles et établissements, c’est la débrouille. À Bougival (78), les parents fournissent des ventilateurs, à Nantes (44), ils badigeonnent les vitres de blanc de Meudon, à Mourenx (64), les enseignant·es partagent leurs brumisateurs de plantes, au Mans (72), des couvertures de survie sont accrochées aux fenêtres…

Le ministre de l’Éducation, lui, proposait en février 2026 de raccourcir les vacances d’été. En mai et juin, il invitait à boire régulièrement et appelait les parents à apprécier les situations entre école et domicile ! Malgré les alertes du Giec depuis un quart de siècle, sans considération pour les conditions de travail ou d’apprentissage, le ministère se défausse de ses responsabilités en matière de protection des enfants et des personnels et prône des « solutions » très insuffisantes et aussitôt oubliées dès que les températures redescendent.

En septembre 2025, l’Alliance écologique et sociale publiait un rapport pointant la nécessaire rénovation de 85 % des établissements, l’urgence d’un plan d’investissement et d’un soutien aux collectivités. Des demandes réitérées par la commission transition écologique du CSE. Et donc… le Fonds vert diminue et le budget de l’écologie est loin du compte. Seule réponse en cette pré-rentrée : les examens auront lieu le matin !

Rien sur des adaptations organisationnelles autour de seuils limites de température (30°C pour une activité sédentaire et 28°C pour une activité physique selon l’Institut national de recherche et de sécurité). Rien sur un plan d’adaptation du bâti… et évidemment rien sur l’atténuation, incontournable pour éviter des conditions de travail et de vie intolérables. Le logiciel néolibéral du ministère le rend incapable d’agir face au dérèglement climatique. ■

Mathilde Blanchard

Auteur/autrice