Avec la jeunesse mobilisée, lutter pour l’école publique


La participation des personnels de l’école, et plus largement de l’éducation, au mouvement initié hier montre leur refus des réformes, des choix politiques et des coupes budgétaires qui ont augmenté, année après année, les inégalités entre les élèves et entre les jeunes.

Dans le premier degré, ce sont notamment les nouveaux programmes appauvris, dépouillés, vidés de savoirs émancipateurs, et que le ministère tente d’imposer par des pressions sur les enseignant·es, par un management fait de pressurisations des pratiques et de détournement de la formation continue, allant même jusqu’à imposer certains manuels, confisquant la liberté pédagogique.

Dans le second degré, à l’insuffisance des postes et au manque de personnels dans les établissements s’ajoutent les attaques contre le collège unique (notamment l’expérimentation de la fusion d’écoles et de collèges et la mise en place du plan « 800 collèges »), la non remise en question du bac Blanquer et de Parcoursup, la volonté de faire baisser le taux de réussite aux examens pour limiter l’accès au lycée et au supérieur.

Dans le supérieur justement, les universités sont en déficit aggravé, d’autant que le ministère concerné avoue son jeu de dupe en ne payant pas tout l’argent des contrats d’objectifs, de moyens et de performance… sans doute pour forcer les universités à accepter de faire payer les étudiant·es. En cette rentrée, des milliers de jeunes sont sans place à l’université et la précarité étudiante s’accentue.

Les « économies » prévues pour le budget 2027 ne feront qu’aggraver la situation, que ce soit pour les postes, pour la formation ou pour la rénovation des bâtiments scolaires avec un fonds vert ratiboisé (on aurait préféré reboisé). D’autant que s’ajoute aux choix néfastes de l’état l’austérité de plus en plus grande des collectivités locales : de plus en plus font des choix qui aggravent encore les inégalités pédagogiques, en baissant les dotations, en choisissant d’aider d’abord le privé…

Tout cela, ce sont des choix, le refus de financement juste et suffisant de l’école, le refus de préparer l’avenir des enfants et une société plus juste, choix que nous avons combattus hier dans la rue, et que nous devons continuer à combattre par notre défense des services publics et d’une école émancipatrice pour toutes et tous. Cela impose de construire dès maintenant d’autres journées/temps de mobilisation. 

Ce sont aussi des choix que de nombreuses lycéen·nes ont dénoncés, depuis quelques jours, en se mobilisant dans leurs lycées et dans la rue. Le très grave épisode d’une « classe qui se tient sage » avait annoncé la couleur : le gouvernement déteste les jeunes et les pauvres. Qui ont de son point de vue l’outrecuidance de vouloir apprendre, et pour cela réclament des profs et des salles de classe. Le CDFN réuni ce jour doit apporter son soutien entier au mouvement lycéen et demander l’arrêt de la répression policière et l’abandon des poursuites. Ces jeunes partagent nos mots d’ordre, nous partageons les leurs : c’est peut-être aussi pour cela que le gouvernement cherche à les faire taire. Avec la jeunesse mobilisée, solidarité et adelphité !

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