En matière de politique éducative, les 10 ans de Macron sont sur le point de se solder par une destruction sans précédent de ce qui fait la force du métier enseignant : la liberté pédagogique. La liberté pédagogique, au service de la lutte contre les inégalités d’apprentissage. C’est elle qui permet ou permettait à chaque professeureuse de ne pas être dans l’exécution d’une tâche prescrite mais au contraire de concevoir et d’adapter son enseignement au réel de sa classe pour que l’ensemble de ses élèves acquièrent les savoirs qui lui permettront de s’émanciper. Pièce par pièce, cette liberté a été insidieusement grignotée afin que nos collègues ne perçoivent pas les enjeux de transformations qu’iels subissaient. La généralisation lente des évaluations nationales et l’utilisation toute aussi lente de leurs résultats pour contraindre les pratiques ont permis que les enseignant·es ne perçoivent pas le danger que ces évaluations représentent pour leur métier. Métier aujourd’hui sous contrôle d’un ministère dont la vocation n’a jamais été la réduction des inégalités scolaires mais qui au contraire a construit une école productrice de sujets asservis au capital. Les dernières pièces du puzzle sont de nature à enfoncer un clou déjà bien ancré par 2 réformes de la formation initiale dans lesquelles la mainmise du ministère n’a fait que se renforcer, une transformation en profondeur des temps de formation continue, une réécriture des programmes, des évaluations d’école… Nouvelle pièce du puzzle du macronisme : l’accessibilité ! La novlangue déversée pendant la CNH cache mal l’absence de volonté politique de mettre enfin les moyens sur l’école permettant le virage inclusif de toute une société où l’ensemble des enfants pourraient apprendre.
Geffray n’invente pas l’eau chaude avec l’accessibilité. Il poursuit sa construction d’une école à deux vitesses et utilise l’accessibilité tel un cheval de Troie pour dénigrer le travail des AESH et enterrer le statut pour toutes. Il organise un pilotage pédagogique et hiérarchique des équipes pluri professionnelles.
Pourtant ce sont bien AESH et PE qui œuvrent au quotidien pour rendre accessible l’école et adapter l’acquisition des savoirs à l’ensemble des élèves. Toutes les mesures annoncées vont à rebours d’une liberté pédagogique renforcée par des formations consistantes, de plus de titulaires dans chaque métier de l’EN et du médico social, et des moyens dont l’école, ses personnels et ses élèves ont besoin.
Nous avons réussi notre irruption syndicale à la CNH et par cette action, nous avons engagé les conditions pour que le projet de la FSU-SNUipp et les mobilisations qu’il exige, pèsent dans les débats budgétaires, les élections professionnelles et la campagne électorale. Il nous faut poursuivre le déploiement d’actions « one shot » aux mobilisations par la grève. Celle du 29 doit être au démarrage d’un mouvement d’ampleur construit sur le terrain et porteur d’une rupture qui sorte l’école française non seulement des bas fonds des classements internationaux et de ses manquements à l’inclusion mais surtout qui réduisent les inégalités sociales, de genre et raciales qui la caractérisent aujourd’hui.
