La période est à bien des égards sombre : l’impasse libérale autoritaire des politiques actuelles nous amène droit dans un mur. Et avec la matérialisation de l’hypothèse fasciste et la possible arrivée du RN au pouvoir en 2027, le mur semble se rapprocher vite, trop vite. Ces éléments structurent grandement nos réflexions stratégiques.
Mais si au lieu d’imaginer le pire on envisageait une autre option. Si on montrait plus explicitement notre ambition de permettre la rupture avec le modèle inégalitaire, écocide et autoritaire porté par une partie du champ politique ? Si on montrait qu’un avenir bien plus désirable et bien plus à même de répondre aux enjeux posés par les crises climatiques et sociales est à notre portée ? Se projeter dans cette ambition nécessite d’identifier quelles sont les conditions à réunir pour permettre l’avènement de politiques écologique et sociale, féministe et antiraciste et d’identifier nos tâches syndicales pour participer de cette bifurcation.
La future élection présidentielle en constitue un moment décisif. La victoire d’un programme de gauche porteur d’espoir serait un puissant accélérateur de l’avènement de cette bifurcation. À l’heure actuelle les conditions ne sont pas réunies alors même qu’elles sont nécessaires. Cette victoire implique l’unité de la gauche sociale et politique, rassemblée autour de ce programme. Il ne s’agit bien évidemment pas d’assujettir le syndicalisme aux partis politiques. Mais plutôt d’organiser notre réflexion dans l’idée de participer et de contribuer à cette unité.
- Il nous faut favoriser, participer et initier des appels unitaires autant que nécessaire.
- Il nous faut porter haut et fort nos propositions pour une transformation émancipatrice de l’école, des services publics et pour l’amélioration des conditions d’exercice des métiers de l’Éducation.
- Il nous faut être actrices et acteurs, d’ici ces élections, dans le débat public mais aussi auprès de la profession et des usagerꞏes de l’école, pour donner à voir ce que permet un programme de rupture.
- Il nous faut donc en interne, reprendre à bras le corps nos débat sur le rapport du syndicalisme au politique, entamé lors de la campagne du Nouveau Front Populaire, tout en ayant bien en tête les évolutions de la situation
Les débats budgétaires qui s’ouvriront à la suite du 20, du 26 et du 29 septembre seront une occasion importante de crédibiliser cette bifurcation. À nous de montrer, par notre communication, par notre travail de conviction sur le terrain, par nos mobilisations, en quoi une fiscalité redistributive et mettant fortement à contribution les profiteurs du système ouvrent la possibilité d’une société plus juste, d’un service public d’Éducation plus égalitaire, alors même que PISA vient une nouvelle fois de démontrer les dégâts que l’impasse libérale et austéritaire peut faire sur l’École.
Les élections professionnelles sont un moment tout aussi important dans cette perspective. Nous sommes la force syndicale qui articule de façon la plus cohérente un projet émancipateur pour l’École et la défense des personnels. Gagner ces élections nous permettra de peser ensuite dans le débat public afin de porter notre projet pour l’école comme une partie d’un projet de société plus global, car on ne fera pas grand chose d’une victoire aux élections professionnelles si le pire arrive quelques mois plus tard.
Alors, certes, c’est un vaste programme. On le sait, la période qui s’engage va être dure, fatigante, mais si on s’y engage avec la seule perspective d’une victoire, dans un esprit collectif et porteur, les choses sembleront certainement un peu plus faciles. Et s’il faut encore convaincre , il n’y a qu’à regarder ce qui se passe à New-York depuis la victoire de Mamdani et regarder en parallèle ce qui se passe dans les mairies passées aux mains du RN en France. Il ne peut plus y avoir d’entre deux, ni de projet modéré. La seule solution à terme c’est de gagner !
