Edito – Une rentrée brûlante

  • édito de l’équipe responsable de l’école émancipée

Les feux de l’été 2026, de la Croatie à la Gironde, portés par des vagues de canicules – d’une intensité jamais atteinte en France-, comme les crues du Népal nous obligent.

Obligation, de refuser et combattre le déni face aux conséquences directes du capitalisme fossile, notre système basé sur la croissance à tout crin et l’extraction des énergies carbonées. Les classes populaires sont les premières victimes des catastrophes climatiques et environnementales : leurs conditions de vie, leur santé se dégradent dans les passoires thermiques ou au contact des pesticides autorisés, comme dans la loi Duplomb 2 … Quand le feu passe, elles n’ont pas le luxe de déplorer la perte d’une maison secondaire. Ce sont toutes leurs conditions d’existence qui partent en fumée sous les flammes. Ailleurs, en Ukraine, en Palestine, au Liban, au Soudan, au Congo ou en Iran, c’est sous les bombes et la guerre que les peuples subissent les dégâts du système, lorsque des Etats essaient d’imposer leur impérialisme et d’assurer à leurs bourgeoisies contrôle des ressources, des réseaux logistiques et financiers, et des débouchés pour des industries d’armement très polluantes.

Obligation de se mobiliser pour imposer un bouclier social et écologique face aux crises du système. Si la guerre et la crise climatique sont les deux faces d’une même médaille, la course effrénée au profit du capital nourrit l’abandon des catégories populaires. En cette rentrée les choix de Macron s’inscrivent dans la continuité : sacrifier les services publics et ses agent•es : gel des salaires, réductions de postes et de moyens – dont on a vu les conséquences cet été en termes de cybersécurité – , baisse des enveloppes liées à la rénovation du bâti scolaire par exemple… Dans le même temps sont sanctuarisées les dizaines de milliards de niches fiscales, tels les plus de 8 milliards de crédit impôt recherche, qui bénéficient principalement, et sans aucune contrepartie sur l’emploi ou les salaires, aux grands groupes capitalistes.

Obligation enfin de chercher l’unité d’action la plus large, sur des bases claires d’émancipation et de justice, pour résister aux autoritarismes et à l’extrême droite, qui prospèrent, avec l’appui de la « finance autoritaire » (M. Benquet), des grands groupes du pétrole, de la finance, ou des géants de l’IA … et qui ciblent d’abord les migrant•es, les musulman•es et les droits des femmes, comme le rappellent les déclarations et surenchères démagogiques, xénophobes et islamophobes de la droite et de l’extrême droite en cette rentrée. Obligation, aussi, de ne pas oublier les victimes de l’attaque meurtrière LGBTQI+phobe lors de la Pride de Berlin fin juillet et de combattre les discours conservateurs, relayés par les médias Bolloré ainsi que les politiques transphobes qui prennent racine outre-atlantique et nous menacent.

Alors que cette année scolaire 2026-2027 verra une échéance cruciale pour notre démocratie et notre modèle social, notre tâche syndicale est de tisser les liens à la base pour faire progresser la conscientisation et la combativité de nos collègues. Un mouvement social puissant et durable serait la meilleure façon de porter et de faire vivre une dynamique pour une alternative politique qui permette la bifurcation écologique et sociale. En cette rentrée, le syndicalisme de transformation sociale ne manque pas de possibilités pour amorcer la construction d’un front social : les mobilisations sont nombreuses: celle féministe du 7 septembre contre l’impunité pour les auteurs de VSS, celle du 20 septembre contre les violences policières et le « permis de tuer », le 26 septembre, celle, pour la paix, la solidarité internationale et la justice sociale et climatique, le 3 octobre dans l’Eure, pour une mobilisation internationale contre les pesticides, le 10 octobre pour un grand temps de solidarité avec la population de Palestine, où le génocide continue. Et sur nos lieux de travail, dès le 29 septembre, dans la fonction publique par la grève pour les salaires et la défense du service public : construire les assemblées générales, tisser les liens, échanger pour donner des perspectives à une journée qui nous oblige, aussi, à envisager dès maintenant ses suites. L’avenir reste à écrire.


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