Déni climatique, urgence sociale

La canicule qui frappe depuis le 21 juin a déjà pulvérisé les « records » de température (au-delà de 37°5) de la première vague de chaleur en mai : nuits puis journées les plus chaudes jamais enregistrées en France, plus de 90 % de la population exposée à des chaleurs extrêmes… Face à cette situation, que font celles et ceux qui nous gouvernent ou y prétendent ? Tout pour éviter des « records » de mortalité, en accélérant les mesures d’atténuation et d’adaptation ?

Que l’on en juge : Patrick Martin, président du Medef, déplore que le pays « tourne au ralenti ». Le RN et ses relais politico-médiatiques prônent le « tout clim’ ». Gabriel Attal, ex-(premier)ministre et candidat à la présidentielle, s’étonne du retard sur l’isolation thermique des écoles. Le gouvernement improvise comme au temps du Covid. Edouard Geffray, l’actuel ministre de l’Education nationale, désorganise tout en n’organisant rien (sauf au dernier moment), à l’instar de son mentor Blanquer.

« Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » se demandait Emmanuel Macron lors de ses vœux télévisés du 31 décembre 2023. Le GIEC alerte pourtant depuis des années : le dérèglement s’accentue et s’accélère, faute d’avoir donné la priorité à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la sortie des énergies fossiles. Trois ans et demi plus tard, la «coalition fossile» est dans le même déni.

Tout doit continuer comme avant : l’école, le travail, la productivité, les superprofits, la hausse des budgets militaires et, pour financer les cadeaux fiscaux aux ultras riches et aux grandes entreprises multinationales, les coupes dans les budgets des services publics, qui, renforcés, développés, seraient pourtant un outil puissant pour rafraîchir une population écrasée par la chaleur.

Cette fuite en avant est celle du capitalisme en crise : ce modèle économique, fondé sur la recherche permanente de la croissance et du profit, enrichit celles et ceux-mêmes qui portent une responsabilité majeure dans les crises écologiques, sociales et démocratiques actuelles, et qui portent ensemble le discours selon lequel l’écologie serait « punitive ». En réalité, c’est l’inaction climatique, pour laquelle l’État a été condamné, qui punit la grande majorité de la population.

Il faut le marteler, et opposer un contre-récit : celui, telle l’Alliance Écologique et Sociale, d’une écologie protectrice de la population et qui transforme la société. C’est une urgence sociale, écologique et démocratique, d’autant plus pressante face au péril de l’extrême droite en embuscade. ■

Marie Haye

Auteur/autrice