Le 29 septembre prochain, l’intersyndicale Fonction Publique appelle à la grève. Nous nous mobiliserons, bien sûr, autour de la question salariale. Cette question, devenue bien évidemment prégnante, tant pour nos métiers que pour l’ensemble de la fonction publique. Mais nous le savons toutes et tous, cette question salariale ne peut être isolée et tout concourt à envisager l’élargissement de la plate-forme revendicative.
Pour rappel, les cartes scolaires, avec 1891 suppressions de postes ont matérialisé l’austérité budgétaire qui frappe l’Éducation nationale. Les épisodes caniculaires du dernier trimestre ont, eux, rendu palpable l’urgence d’un plan de rénovation et d’adaptation du bâti scolaire. Les moyens pour l’inclusion scolaire, comme plus largement les moyens pour l’École, sont largement insuffisants pour relever l’enjeu de lutte contre les inégalités d’apprentissage et pour l’amélioration des conditions d’exercice des métiers de l’éducation.
La question salariale est donc indissociable de la bataille budgétaire qui s’ouvre, et justement, ce 29 septembre sera la veille de l’annonce du projet de budget par Lecornu. Celui-ci sera discuté les semaines qui suivent à l’Assemblée nationale et au Sénat. Nous devons donc marquer le coup car cette journée sera LA première étape de la bataille budgétaire 2027.
Si la pertinence de l’appel à mobilisation ne fait évidemment pas débat, sa réussite tiendra beaucoup à notre capacité à convaincre les personnels de l’importance de leur engagement dans la grève et ses suites. Nous pouvons transformer la colère en une force capable de peser sur les débats parlementaires. Cela va nécessiter un travail de conviction sur le terrain avec des tournées d’école, des débats avec les personnels, la distribution de matériel, des RIS… Pour faciliter ce travail de terrain, les revendications pour les personnels et pour l’École doivent être articulées à la demande d’un budget qui mette plus fortement à contribution les plus riches et donc que l’austérité budgétaire n’est pas une fatalité.
Réussir cette mobilisation, c’est bien évidemment aussi dans l’objectif de construire des suites à ce 29 septembre, pour que le syndicalisme et les personnels fassent surgir le réel lors des discussions parlementaires. Ce réel qui met en lumière le poids exorbitant des politiques austéritaires, payé par les services publics, payé par les populations.
D’autant que nous sommes dans une année singulière, marquée par les échéances présidentielles à venir. Il y a un enjeu politique, au sens noble du terme, à imposer les questions sociales, écologiques et donc, de l’importance des services publics, dans le débat public. Imposer nos thèmes est indispensable, face à un paysage politique de la Macronie à l’extrême droite, qui préfère utiliser les thèmes de la sécurité et de l’immigration comme des écrans de fumée pour masquer l’impasse libérale.
Contrer l’hypothèse fasciste et porter une alternative de gauche au libéralisme est de notre responsabilité. Et cela commence dès la rentrée, par notre capacité à ouvrir un front social puissant.
