Débat action – Texte action de l’École Émancipée

Présentation du texte action de l’École Émancipée :

Les crises qui traversent le monde – guerres, montée des régimes autoritaires, aggravation des inégalités et catastrophe climatique – ne sont pas sans conséquences pour l’école. En France, les politiques d’austérité affaiblissent les services publics et nourrissent les forces les plus réactionnaires. Face à cette situation, nos combats sont liés : défendre l’école publique, lutter contre les inégalités, agir pour la justice sociale et combattre l’extrême droite relèvent d’un même engagement.

C’est pourquoi nous défendons une école émancipatrice, capable de former des citoyennes et citoyens éclairé·es, doté·es d’esprit critique. Nous refusons une école réduite au tri social, aux certifications permanentes ou à l’adaptation aux seules logiques économiques. L’école doit permettre de comprendre le monde pour pouvoir le transformer. La question des programmes, de l’EVARS et de la formation des maîtres est, de ce point de vue, centrale.

Mais cette ambition exige des moyens. Nous dénonçons la dégradation des conditions de travail, la précarité qui touche toujours davantage de personnels, l’insuffisance des salaires et le manque criant de recrutements. Nous exigeons également des investissements massifs pour adapter les établissements au réchauffement climatique et garantir la réussite de toutes et tous les élèves.

Dans ce contexte, le rôle du syndicalisme est essentiel. Face au risque de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, nous devons renforcer notre action collective et faire vivre un syndicalisme de lutte, démocratique et porteur d’alternatives. Cela suppose aussi de disposer d’une organisation syndicale rassemblée, capable de dépasser ses difficultés internes, grâce à un fonctionnement réellement pluraliste, transparent et démocratique qui ne peut se résumer à des questions de personnes mais faire l’objet d’une réflexion élargie sur comment faire évoluer notre appareil syndical commun au fil du temps et des besoins. C’est à cette condition que nous pourrons construire durablement le rapport de force dont les personnels ont besoin.

Concrètement, cela passe par notre participation aux mobilisations contre le racisme le 21 juin, aux Marches des fiertés LGBTI+ organisées partout où cela est possible, mais aussi à la journée intersyndicale du 23 juin pour la défense des services publics, des salaires et des conditions de travail.

Et surtout, nous devons dès maintenant préparer les mobilisations de la rentrée. Les avancées sociales n’ont jamais été obtenues par l’attente ; elles ont toujours été conquises par le rapport de force. Notre responsabilité est donc de construire, avec les personnels, les parents et l’ensemble de nos partenaires, une mobilisation massive pour défendre l’école publique, nos métiers et les droits de toutes et tous.

Les collègues de nombreux pays nous rappellent qu’il est possible de gagner. Lorsque la profession se rassemble autour de revendications claires, partagées par les personnels et comprises par l’opinion publique, elle peut obtenir des revalorisations salariales, améliorer ses conditions de travail et imposer ses exigences aux gouvernements. Aucune régression n’est inéluctable. Encore faut-il construire un rapport de force dans la durée : avec un plan d’action préparé collectivement, un calendrier cohérent, des formes de mobilisation diversifiées et la volonté d’entraîner l’ensemble de la profession, y compris celles et ceux que le fatalisme ou les défaites passées ont pu éloigner de l’action collective.

Cette dynamique doit également nous préparer aux élections professionnelles de décembre 2026. Pour gagner dans les mobilisations comme dans les urnes, nous avons besoin d’un syndicat fort. Les élections ne remplaceront jamais les luttes, mais elles peuvent leur donner davantage de poids. Construire le rapport de force aujourd’hui, c’est aussi renforcer notre capacité à défendre demain les personnels, l’école publique et un projet de société fondé sur l’émancipation, l’égalité et la solidarité.

C’est le sens de notre texte action dont nous espérons que les analyses et conclusions seront partagées par le plus grand nombre aujourd’hui.