Intervention de l’ÉÉ dans le débat général
Ce qui persiste dans le fascisme n’est pas sa structure historique mais des éléments protéiformes qui s’inscrivent dans une continuité et regroupent groupuscules violents, partis politiques à vocation électorale de masse, emprise médiatique…
À l’échelle internationale, le trait commun est l’affirmation par les classes dominantes masculinistes, blanches, chrétiennes d’un occident perçu comme rempart au Sud global et en particulier à la barbarie musulmane. C’est le terreau depuis plus de 30 ans d’une nouvelle internationale fasciste.
Ce qui se passe à Gaza, en Cisjordanie ou au Liban en est la démonstration flagrante. La figure déshumanisée et chosifiée de la palestinienne et du palestinien l’incarne complètement. Quand un régime d’extrême-droite enfreint toutes les règles du droit international, extermine un peuple mais pire le fait avec le soutien d’autres puissances et sans qu’aucune opposition sérieuse ne parvienne réellement à se construire et peser, c’est une alerte brune qui sonne partout.
En France, il est indispensable de mesurer ce qui se joue par exemple dans la proposition de loi Retailleau contre l’entrisme et dans le projet de programmation de loi militaire. Le point commun de ces deux textes est de renforcer le pouvoir de l’exécutif et de limiter au maximum le contrôle de la justice, pourtant parfois le dernier rempart institutionnel face au despotisme comme le prouvent les exemples brésiliens ou américains. De tels textes seraient, dans le cadre d’un exécutif d’extrême droite, des boulevards pour, comme le rappelle la tribune unitaire parue le 7 mai « s’attaquer frontalement aux droits des travailleurs, à la protection de l’environnement (…) et d’étendre son contrôle sur la société.«
Les luttes de solidarité internationale ou de défense des droits fondamentaux des libertés publiques et de l’État de droit sont donc des incontournables dans lesquelles la FSU, fidèle à son histoire d’aiguillon syndical, a raison de s’investir comme le contre G7, ou le 21 juin prochain contre le racisme.
Plus généralement, la question de la résistance à l’ED se pose dans le cadre de ce rapport de force défavorable face à une ED hégémonique et un patronat, une bourgeoisie qui peut y voir un recours au maintien de sa domination.
Ce cadre rend l’unité indispensable. Une unité qui ne peut se penser que débarrassée de tout sectarisme au vu de l’urgence.
Il ne s’agit pour personne de penser qu’une forme de radicalité, de mouvementisme, suffiraient et qu’il ne faille pas parfois choisir. Mais il ne peut s’agir non plus d’exclure ou négliger certaines formes de rassemblement, de privilégier le sommet plutôt que la base…
Le syndicalisme de lutte et de transformation sociale doit pouvoir jouer sur plusieurs tableaux. Il doit construire la résistance syndicale, la faire vivre sous des formes adaptées sur tout le territoire, que ce soit via l’intersyndicale nationale à 5 comme Visa. Tout comme il doit travailler main dans la main avec le mouvement social au sens large notamment autour de l’appel Attac/Copernic. Là dedans, la FSU peut, doit jouer un rôle actif de pivot permettant la rencontre des différentes traditions et leurs mise en mouvements pour frapper ensemble.
Cette unité, ces unités pourrait-on dire, sont les seules à même de remettre la question sociale sur le devant de la scène, de ressouder les opprimé·es quel·les qu’ils ou elles soient en refaisant du commun, ouvrir des perspectives, peser sur le débat public afin d’enrayer la résistible ascension du fascisme.
