Porter une perspective de transformation sociale, ambitieuse et combattive

Intervention générale de l’ÉÉ dans le débat général

Les élections professionnelles qui approchent sont un moment important pour notre fédération. Notre objectif est clair : renforcer la FSU en obtenant le plus de voix possible, reprendre la première place à l’État et consolider notre implantation dans la territoriale. 

Cet objectif nous ne l’atteindrons pas sur un slogan ou sur notre nom. Il va falloir convaincre les personnels de voter pour nous et pour cela la FSU doit apparaître comme la fédération qui mène la bagarre pour les revendications des personnels avec opiniâtreté. Revendications qui s’expriment chaque jour dans les établissements, services, écoles, universités, collectivités. 

Côté salaires, la situation est devenue intenable pour les agent·es subissant un déclassement salarial suite au gel du point d’indice auquel s’ajoutent l’inflation ainsi que l’augmentation du SMIC qui conduit à écraser les grilles de nombreux corps de fonctionnaires et des contractuel·les, faute de revalorisation ambitieuse. Cette situation est inacceptable. Nous devons porter avec force l’exigence d’une augmentation générale des salaires, parlante et claire, comme les 300 euros pour toutes et tous portés par le SNUipp, s’ajoutant à des mesures incontournables sur le point d’indice et les grilles de rémunération. Il y a urgence à reconnaître le travail des agentes et agents publics, leur qualification et leur engagement au service de l’intérêt général. 

Côté conditions de travail, la situation n’est pas plus reluisante. Les personnels sont à bout. Partout les suppressions de postes, les sous-effectifs dégradent les conditions d’exercice des missions de service public. 

Améliorer les conditions de travail, c’est donc investir pour davantage de moyens humains, afin de permettre aux personnels d’exercer correctement leurs missions. Investir pour créer un corps de fonctionnaires pour les AESH permettant la reconnaissance de ces personnels et de leurs missions, essentielles à la réussite de l’école inclusive. 

Améliorer les conditions de travail, c’est aussi investir dans les bâtiments publics et notamment dans le bâti scolaire pour les adapter au réchauffement climatique. Alors même que nous vivons la première vague de chaleur, l’inadaptation des bâtiments surchauffés, est criante. Là encore, il y a urgence à engager un véritable plan d’investissement public.

Mener la bagarre sur ces revendications, pour être en adéquation avec les personnels, nécessite de les porter à tous les niveaux, dans les instances, dans les ministères mais aussi dans la rue. Salaires et conditions de travail sont des sujets à même de mobiliser les personnels. Il nous faut dès maintenant organiser la mobilisation des personnels dans la durée. La journée du 23 juin est une étape dont nous devons nous saisir tout en annonçant d’ores et déjà des suites à la rentrée. Le 4 pages fédéral consacré à la question des salaires est un outil utile pour porter ce sujet auprès des personnels. Ce format, court, facile à diffuser est pertinent dans la campagne à venir et pourrait être décliné : bâti scolaire et réchauffement climatique, défense de la fonction publique, la question des moyens…

Ces outils nous permettront aussi de combattre les discours politico-médiatique austéritaires qui dominent en rendant crédibles nos revendications et nos propositions d’alternatives aux politiques d’austérité. Financer les services publics, augmenter les salaires, améliorer les conditions de travail nécessitent d’autres choix budgétaires et fiscaux que ceux portés depuis des années par les gouvernements successifs.

Cela passe par exemple par la suppression de la flat tax, qui a considérablement allégé l’imposition des revenus du capital au bénéfice des plus riches. Par le rétablissement d’un véritable impôt de solidarité sur la fortune, afin que les plus hauts patrimoines contribuent davantage au financement de la solidarité collective. Par la mise en place de nouvelles formes de taxation des ultra-riches et des multinationales visant à garantir un niveau minimal d’imposition. Dans le même mouvement, il est nécessaire de remettre à plat les nombreuses exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises entrainant une baisse des ressources de la Sécurité sociale, une smicardisation des travailleur·euses et aucune amélioration de l’emploi.

Poser la question du financement, c’est donc affirmer qu’il ne s’agit pas d’un problème de manque d’argent, mais bien de choix politiques. C’est contribuer à imposer un contre-récit.

Car effectivement, se battre pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, c’est défendre une autre société, plus solidaire, plus juste, où les services publics jouent pleinement leur rôle de cohésion sociale. C’est donc aussi une manière de combattre la désespérance sociale qui nourrit l’extrême droite. La FSU doit porter une perspective de transformation sociale, ambitieuse et combattive. C’est avec ce profil que nous renforcerons la FSU et que nous redonnerons espoir à notre camp social.