Combattre le racisme pour lutter contre l’extrême droite qui en fait son ciment

Intervention de l’ÉÉ dans le débat général

Cher-es camarades,

Nous qui sommes, à la FSU, viscéralement antiracistes, nous sommes profondément choqué·es par le climat qui nous entoure, par les agressions continuelles envers les personnes racisées, par la violence qui se déchaîne contre les étrangers et étrangères. Les textes, dispositifs, projets de loi se succèdent, et toujours dans le même sens : toujours moins de droits humains.

Je veux parler ici rapidement du texte « règlement retour » adopté par le parlement européen le 26 mars dernier, fruit d’une alliance entre la droite et l’extrême droite. Le « règlement retour », c’est du jamais vu en termes de maltraitance des personnes étrangères : le texte autorise une détention de masse en allongeant la durée jusqu’à 24 mois (y compris pour des mineur·es et personnes malades), il permet aussi des procédures d’expulsions accélérées dans les pires conditions. Ce texte est une indignité.

Il y a un second point que je veux évoquer, c’est le projet de loi Yadan : sous couvert de lutter contre de prétendues « formes renouvelées de l’antisémitisme », ce texte porte atteinte à la liberté d’expression, en stipulant qu’on ne peut pas critiquer la politique de l’état d’Israël.

L’état d’Israël mène une politique d’extrême droite, piétine le droit international, commet des crimes contre l’humanité ; il vient de voter la peine de mort à l’encontre des palestinien·nes accusé·es de terrorisme, l’ED a même sablé le champagne au parlement pour l’occasion !

Alors non, la critique de la politique d’un état n’a rien à voir avec l’antisémitisme ! Le projet de loi Yadan est dangereux pour notre démocratie.

A la FSU, nous savons que racisme et extrême droite marchent main dans la main, et nous combattons l’un et l’autre.

Et aujourd’hui, le fond de l’air est brun, très brun. Nous assistons ces derniers jours à des attaques racistes décomplexées, dans les médias, sur les plateaux télé et les réseaux sociaux ; ce déferlement de haine et cette idéologie nauséabonde vise des élu·es (je pense notamment au maire de Saint-Denis qui a porté plainte contre Cnews, mais il n’est pas le seul). Cette violence absolue envers Bally Bagayoko (il a été traité de « grand singe ») n’a suscité que peu d’indignation du côté du gouvernement, rien de la part de l’Elysée : la FSU, aux côtés entre autres de la LDH, de Solidaires, du Mrap et de SOS Racisme, est engagée dans le rassemblement unitaire contre le racisme samedi prochain à Saint-Denis, c’est une bonne chose. Pour nous, militant·es de la fédération, très souvent impliqué·s dans les Resf, combattre le racisme est une priorité. Et le combattre, c’est lutter contre la progression de l’ED qui en fait son ciment.

En plus d’être une injustice pour celles et ceux qui le subissent, le racisme est une arme contre les solidarités de travail. Nous devons donc nous en saisir comme d’une question syndicale, en empêchant les propagandistes racistes d’organiser la division au sein du salariat et d’affaiblir les mobilisations du mouvement syndical. La FSU est engagée depuis l’an dernier dans la campagne intersyndicale contre le racisme au travail. Cette campagne, qui est sur le point de relancer des propositions d’action concrètes sur les lieux de travail,est plus que jamais nécessaire.