Intervention de l’ÉÉ dans le débat général
De l’Iran, où les femmes sont emprisonnées, torturées et assassinées, aux Etats Unis, où l’ICE traque, enferme, expulse, voire tue, en passant par le Rojava, où les femmes kurdes défendent un projet politique féministe et écologique : partout dans le monde, les femmes sont en lutte.
En France, Après le rapport Opinion way pour sidaction et ses 56% d’hommes qui pensent que le féminisme va trop loin, le Haut Conseil à l’Égalité a publié la semaine dernière son rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France, consacré à la menace masculiniste. En France, 17% des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile.
Masculinisme et militarisme s’alimentent mutuellement. La guerre, dans sa représentation, est intimement liée à l’identité masculine : force, virilité, protection, patriotisme. Elle reprend tous les codes du patriarcat et les nourrit.
Nous devons, même si ce 8 mars est un dimanche, communiquer sur la grève féministe qui s’inscrit dans le cadre d’une journée internationale et être au côté de celles qui sont confrontées aux régimes fascisants et réactionnaires, de celles qui se défendent pour leurs libertés et leurs droits. Porter ce combat de grève féministe un dimanche, c’est préparer le terrain des années à venir.
Le 8 mars est un jour de grève des travailleuses, certes, mais également grève des tâches ménagères, grève des soins aux proches, de la consommation. La grève féministe c’est la cessation du travail salarié mais aussi celle du travail invisible effectué par les femmes : les tâches domestiques et/ou parentales, les actions de care. Quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête, et nous saurons bien le rappeler et continuer à nous battre pour faire avancer nos droits.
En Espagne le 8 mars 2018, presque 6 millions de femmes avaient fait grève ou débrayé quelques heures, soutenues par 82% de la population. Cette réussite a permis aux questions féministes de gagner en visibilité et de s’imposer dans l’agenda politique et médiatique. Elle a mis en évidence que les inégalités de genre sont construites socialement et sont le fruit d’un double système d’exploitation capitaliste et de domination patriarcale.
La période actuelle nous oblige à rester mobilisé·es au quotidien contre le patriarcat, le racisme, les politiques libérales et autoritaires du gouvernement, mais aussi contre l’extrême droite qui sont autant des facteurs de recul des droits et d’obstacles à nos luttes pour en conquérir de nouveaux.
