Militarisation de la société et de la jeunesse, instrument au service des impérialismes

Intervention de l’ÉÉ dans le débat général

« Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à pas perdre ses enfants, (…) si on n’est pas prêt à ça, alors on est à risque. » Ces mots sont ceux de Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises devant le congrès des maires de France le 18 Novembre dernier. Il exhortait alors les élu·es à se préparer à une confrontation avec la Russie à l’horizon 2030.

Le contexte international actuel est effectivement anxiogène. Cette anxiété, réelle, est instrumentalisée pour convaincre massivement la population des choix politiques qui sont en réalité ceux qui permettent aux capitalistes de garantir la perpétuation de leur système au détriment des intérêts de la population, des peuples. Parce que dans les faits, il n’y a rien d’inéluctable à l’impérialisme et aux guerres.  

Défendre le droit international et l’émancipation, oblige à acter ces terribles évolutions et à s’opposer à toute militarisation de la société à commencer par celle de notre jeunesse. Il s’agit bien d’imposer le choix de la paix, pas de façon abstraite, mais d’agir car c’est la seule perspective émancipatrice collective possible.

Or cette militarisation précoce est un phénomène profond qui a cours depuis de longues années.

Ainsi nous pouvons analyser les transformations scolaires actuelles sous cet angle. Tous les protocoles qui se mettent en place que ce soit à l’éducation nationale ou à la PJJ , toutes les attaques sur les apprentissages créateurs de sens critique, tout ce qui vise à uniformiser les savoirs et à promouvoir un modèle de prise en charge éducative militarisé sont autant d’éléments qui préparent les jeunes générations à ne pas se questionner, ne pas contester et à accepter ce qu’on leur impose.

Mais le gouvernement va encore plus loin. Extension des classes défense, projet de service militaire volontaire, Journée Défense et Citoyenneté, guide produit par le Ministère de l’Éducation Nationale intitulé « acculturer les jeunes à la défense » ou l’intrusion de l’armée dans les établissements scolaires, comme ces collégien⸱nes invité⸱es à des stands de tir pendant une fête d’école par exemple. Tout cela s’inscrit dans une même stratégie : préparer socialement et idéologiquement la jeunesse à accepter la guerre comme horizon.

Et dans une période de restriction budgétaire pour l’ensemble des services publics, les budgets militaires eux augmentent contrairement à ceux de l’éducation, la santé, l’écologie ou la culture. Renforcer l’armée, plutôt prendre en charge la santé mentale des jeunes est un choix politique aussi fort que détestable : ignorer la détresse psychique actuelle de la jeunesse en privilégiant son encasernement est une démonstration factuelle de l’avenir que leur prépare le gouvernement.

L’école, comme toutes les structures éducatives prenant en charge enfants et adolescent⸱es doivent être des lieux d’émancipation et non des terrains d’endoctrinement. Combattre tout ce qui diffuse une vision du monde où l’armée est présentée comme solution éducative, où l’obéissance remplace l’esprit critique, où le recours à la guerre est légitimé devient une nécessité absolue. Il est urgent de comprendre ce qui se joue et d’en tirer les conséquences. Échangeons avec nos partenaires, à commencer par Solidaires et la CGT, et posons-nous la question des partenariats et instances, de leurs rôles et de ce qu’elles signifient dans la période que nous traversons. Et ensemble, faisons le choix de l’éducation à la paix et de l’émancipation.