La situation internationale dans toute son ampleur a également des impacts qui se mesurent bien loin des sites des opérations guerrières. Bien que la gravité de ces conséquences ne puisse en aucun cas être comparée à la perte de vies humaines, la hausse des cours du pétrole combinée au refus du gouvernement de mettre en place des politiques de soutien de la population a enclenché une spirale inflationniste dont chacun et chacune peut ressentir les effets dans son quotidien. En avril 2026, l’Insee estime que l’inflation sur un an s’établit à +2,2 % , avec entre autres une hausse de près de 15 % des prix de l’énergie sur la période. Lorsque le gouvernement est interpellé sur les mesures qu’il entend prendre face à cette situation, la réponse reste obstinément la même : l’inaction ou presque. La hausse mécanique du SMIC au mois de juin ne compensera pas la hausse des prix.
Pour les agent·es dont la rémunération est proche, voire sous le niveau du SMIC, cette hausse accentue le déclassement salarial. Premières victimes de ce tassement, les AESH, comme les personnels de catégorie C de tous les versants de la Fonction Publique qui vivent la période dans la difficulté (ATSEM, animateur·ices..). Certain·es d’entre elles et eux sont obligé·es de trouver d’autres solutions de déplacement dont le gain écologique éventuel s’efface devant les contraintes générées et la rupture d’égalité territoriale, le rural isolé subissant plus lourdement la situation. Pour les PE et PSY EN également, c’est un cran de plus dans la baisse du niveau de vie.
Alors qu’on nous annonce que le pays doit passer en économie de guerre, alors que les discussions salariales sont quasiment au point mort, toute l’énergie des libéraux est consacrée à rejeter un meilleur partage des richesses. Pendant ce temps, l’extrême droite qui a prouvé par ses prises de position qu’elle est l’ennemie des classes populaires organise le ralliement du patronat à sa cause. Dans ce contexte, et face à une situation économique qui pourrait continuer à évoluer vers encore plus de délitement, la question sociale dans son ensemble et en son sein la question salariale est cruciale.
Dans notre campagne qui vise à obtenir les moyens de faire mieux école, d’améliorer nos conditions de travail, la question budgétaire est bien établie comme un élément central. Abordée fortement sous l’angle des postes, elle doit également prendre en compte la dimension salariale en exigeant une revalorisation à la hauteur des pertes subies. Dans notre communication cette dimension est un élément supplémentaire pour agiter nos professions.
La reprise des discussions dans l’intersyndicale FP à 8 sur les salaires va dans le bon sens. C’est l’occasion pour la FSU de porter la nécessité d’inscrire dans le paysage un calendrier d’actions pour peser sur le budget 2027. La perspective d’une mobilisation le 23 juin, journée internationale des SP est une première étape pour préparer une grève forte à la rentrée . La FSU doit s’engager pleinement dans cette dynamique. Le CN devra se prononcer clairement en ce sens avant le CDFN des 27 et 28 mai. Ce combat renforcera notre campagne pour les élections professionnelles et, au-delà, portera la rupture sociale indispensable pour redonner espoir et dynamiser le mouvement social à l’approche des élections présidentielles.
