La pétition contre la loi Duplomb avec plus de deux millions de signataires, avait permis son retrait… Provisoire … puisqu’elle revient sous forme de loi Duplomb 2.
Mais on peut aussi évoquer la Loi Trace pour contourner la limitation de l’artificialisation des sols, la disparition de zones à faible émission de CO2, les menaces de fermeture d’agences de contrôle comme l’ADEME…
Sous prétexte de simplification administrative, se met en place en réalité une dérégulation permanente, sacralisant le profit à court terme au détriment d’un monde viable et émancipateur .
Les lois protégeant le vivant, comme celles protégeant les salarié·es, sont décrites par le pouvoir et les lobbies comme des carcans. Oui ce sont des carcans : des carcans protecteurs qui s’opposent à l’exploitation sans limite.
Loin d’un consensus de façade et de com, l’écologie est un terrain d’affrontement majeur entre un capitalisme prédateur qui ne bénéficie qu’à une minorité et les intérêts de l’immense majorité. Alors que les populations les plus pauvres polluent moins, elles souffrent plus des conséquences : plus exposées aux risques climatiques, à la précarité énergétique, elles ont aussi moins de moyens pour y faire face. De même, la promotion du système productiviste agricole se fait au détriment de la biodiversité et de la santé des plus vulnérables. L’écologie est bien une question de domination et de classe sociale. La politique de Macron dans ce domaine est donc cohérente avec sa politique fiscale, ses attaques contre le monde du travail et une criminalisation violente des résistances… Et elle est partagée par toute l’extrême-droite. C’est une question syndicale à part entière s’inscrivant dans le projet de transformation sociale que porte la FSU-SNUipp.
D’autant que l’École n’est pas exempte de ces enjeux. Les sections peuvent témoigner de sollicitations suite à des intempéries ou pour des problèmes de température. Des épisodes amenés à se multiplier. Face à un sujet majeur, nous avons donc une campagne syndicale forte à poursuivre. Une campagne qui doit permettre d’assurer la protection immédiate des personnels : tant que le bâti n’évolue pas, il faut une loi sur les températures maximales de travail, adaptée aux territoires mais sans statut discriminatoire, notamment pour les DROM. A long terme : un plan d’urgence de l’État sur le bâti scolaire pour donner les moyens aux collectivités de rénover les bâtiments, à commencer par les passoires énergétiques au coût financier et écologique démesurés. Mais aussi permettre de repenser l’école et ses abords pour en faire des îlots de fraîcheur garantissant les meilleures conditions d’apprentissage et de travail. Ces chantiers seraient en outre l’occasion de questionner et repenser les rapports de genre et même les modalités pédagogiques dans les divers espaces. Un plan indispensable pour l’École publique car le privé, lui, saura mobiliser les fonds pour améliorer son bâti et en faire un motif d’attractivité.
L’été approche. Dans le prolongement de la campagne AES et en lien avec « l’école c’est nous », nous pourrions prendre langue avec la CGT et Sud dès maintenant, préparer une interpellation par les personnels et inviter les parents et les représentant·es des collectivités à les rejoindre personnels dans l’action. Un enjeu supplémentaire à aborder avec les collègues et à remettre dans le débat public.
