Baisse démographique et Carte Scolaire – lutter pour une école publique, ambitieuse et de proximité

Le 23 avril 2026, le ministre de l’Éducation nationale annonce une expérimentation dans 18 départements pour transformer la construction de la carte scolaire, avec la volonté affichée de bâtir un budget partant des besoins, pensé sur plusieurs années et intégrant la baisse démographique.
Présenté comme ça, on peut se dire que la campagne menée par la FSU-SNUipp contraint le Ministre à sortir du bois. Probablement vrai, car il reprend certains de nos mots : partir des besoins, nécessité d’un plan pluriannuel… Or, si la baisse du nombre d’élèves est bien là et s’impose à nous, elle n’implique pas mécaniquement de supprimer de postes. Preuve en est : entre 2018 et 2022, nous avons perdu près de 300 000 élèves et pourtant plus de 12 000 postes ont été créés au titre des priorités ministérielles.

Alors ne soyons pas dupes. Derrière cet affichage, reste la volonté politique d’utiliser cette baisse démographique durable pour réduire la dépense publique, donc supprimer des emplois au détriment de la qualité du service public d’éducation français encore et toujours à la traine dans les comparaisons internationales.

Derrière les « meilleure gestion démographique », « organisation territoriale » ou « pilotage des moyens », se dessine un projet clair : profiter de la baisse démographique pour restructurer le service public d’éducation. L’école est un service de proximité qui fait vivre les villages et les quartiers, maintient la cohésion sociale et garantit l’égalité d’accès aux savoirs. Avec cette expérimentation, le risque est d’ouvrir la voie à de véritables déserts éducatifs, comme on connaît déjà les déserts médicaux. Cela signifie des écoles plus éloignées, des temps de transport allongés, un coût écologique et financier accru pour les collectivités et les familles. Réorganiser les écoles n’est pas une économie, c’est un affaiblissement du service public.

Quand les services publics disparaissent, quand l’école ferme, quand les familles doivent parcourir 20 km matin et soir, le sentiment d’abandon nourrit la colère. Le risque politique est majeur car le vide laissé par l’État, la désertion des services publics est un facteur de progression de l’extrême droite, tout comme un terreau fertile pour le développement des écoles privées.
Face à cela, notre besogne syndicale est claire : porter une école publique ambitieuse, égalitaire et réellement de proximité.

Le ministre prétend mieux prendre en compte les réalités locales, « partir des besoins du terrain » : prenons-le au mot ! Ce ne sont pas aux DASEN de définir les besoins de l’école, mais aux acteurices de terrain. Poursuivons et amplifions la campagne « L’école, c’est nous », en allant dans les écoles, rencontrer les familles, les élu·es et les citoyen·nes, construire avec elles et eux les conditions d’une école qui a les moyens de ses ambitions, sans hiérarchisation des territoires. Il nous faut aussi construire des alliances avec les organisations syndicales, les associations locales et les collectifs citoyens.

Il n’est pas question qu’après les CAPD, les CSA soient vidés de leurs compétences : imposons notre place comme porte-voix du terrain et portons notre projet pour l’Ecole et de transformation sociale. A l’aube des élections professionnelles, cela nous met en dynamique et visibilise notre large implantation sur le terrain comme le projet que nous portons. L’enjeu sociétal est crucial : de notre place, contribuons à ouvrir le champ des possibles dans le cadre de l’élection présidentielle.