Langues régionales – une richesse

par Marc Rollin

J’interviens sur les langues dites régionales.

Le texte propose une synthèse efficace, mais il est essentiel d’expliciter quelques points dans un contexte où une récente enquête sur les langues régionales de Bretagne montre un net recul depuis 6 ans, à l’image de ce qui se passe ailleurs avec les autres.

Or, les langues régionales font partie de notre patrimoine commun.

Derrière elles, il y a des enseignant·es engagé·es qui se battent chaque jour pour les maintenir dans le service public, malgré les difficultés pointées dans le texte et parfois une hostilité dissimulée derrière l’argument du français – « langue unique ». Or, la France, dont le français est la langue commune, est riche de ses locuteur·ices plurilingues, que leurs langues soient régionales, étrangères ou d’immigration.

Ces enseignements ont été fragilisés au fil des réformes. Des dotations ciblées sont, comme pour d’autres enseignements, une condition absolument nécessaire à leur survie et à des conditions dignes de travail. L’éventuelle saisine de la justice afin de faire respecter les textes se pose, comme souligné par la SD 44.

Le texte ne préconise aucune modalité d’apprentissage particulière mais soutient que certaines devraient pouvoir exister comme projet pédagogique choisi par les équipes volontaires.

Il tente également d’embrasser toutes les langues avec une approche de synthèse, car la diversité des situations est gérée localement par les SD et les SN, du fait de la territorialisation grandissante de ces questions.

Sujet transversal, les langues régionales doivent pouvoir être suivies au niveau fédéral, comme l’ont rappelé certaines SD dans un amendement non repris par le rapporteur.

À l’heure d’une politique linguistique éducative orientée vers l’anglo-américain, qui implique le développement de certifications avec des organismes privés, rappelons que la diversité linguistique et culturelle est une richesse et que la domination d’une seule, c’est comme ne voir le monde que sous un angle.

Parce que la langue est un mode d’agir, un mode d’action sur l’Autre, les questions linguistiques sont éminemment politiques. La motion des DROM l’a rappelé hier.

Comme le dit le proverbe breton, à chaque oiseau son chant, à chaque peuple ses langues.