Filles en liberté

mercredi 30 janvier 2019  |  par  École Émancipée  | 

Petit livre aux images simples en noir et blanc, Les filles d’Agnès Rosenstiehl vient d’être réédité par les éditions La ville brûle. Une petite fille discute avec un petit garçon. Tous deux se montrent leur sexe respectif, se battent pour rire, parlent (enfin surtout la petite fille) de ce qui leur plaît, de ce qu’il et elle voudraient faire plus tard. On est frappé de tant de liberté joyeuse et affirmée dans un album paru initialement en 1976 (aux Éditions des Femmes quand même). Les possibles de cette petite fille paraissent infinis. La liberté est celle des corps et de la parole – on y parle même des règles ! – et bien sûr des rêves. Une fille, découvre-t-on, ça peut vouloir jouer aux échecs et s’entraîner à devenir architecte tout en aimant danser, faire des câlins et se préparer à lire Leibtniz... Dans cette profusion de désirs affichés, il y en a certes qui peuvent être conformes aux clichés de genre, mais cela coha- bite très bien avec des envies plus transgressives. On peut après tout se rêver (deux minutes) princesse et vouloir jouer au rugby. Le graphisme est d’une sobriété qui en redouble l’efficacité. Cet album culte était depuis longtemps introuvable. C’est une excellente idée que celle de le rendre de nouveau accessible, ainsi que deux autres de cette grande auteure, réédités dans la même foulée.

Stéphane Moulain

✓ Agnès Rosenstiehl, Les filles, La ville brûle, 14 €.


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