Nous subissons un contexte morose et l’Ecole n’est pas épargnée. Si les motifs ne manquent pas, la mobilisation ne va pas toujours de soi.
Fatalistes ? Nous ? Certainement pas !
Engagé·es à la FSU-SNUipp, nous misons sur la puissance du collectif, fort de ses militant·es, syndiqué·es et sympathisant·es qui forment un maillage que nous sommes les seul·es à pouvoir activer. C’est ce collectif qui peut nous permettre de renouer avec des mobilisations et un rapport de force qui place nos professions en capacité de gagner.
Pour recréer cela, inspirons-nous.
Inspirons-nous de l’organisation des luttes victorieuses dans l’histoire du mouvement social. A Douarnenez, en 1924, les Penn Sardin de Douarnenez ont construit leur mobilisation pendant plusieurs années. Bataille après bataille. Au fil des actions, elles ont convaincu leurs collègues, gagné l’opinion publique , ont réussi à légitimer leur grève de 6 semaines qui les a mené à la victoire!
Inspirons-nous de la construction des mouvements des enseignant·es de Chicago. Là non plus, ce n’était pas gagné. Il leur a fallu du temps : s’appuyer sur les bastions et aller convaincre les écoles les moins mobilisées, en passant par des actions intermédiaires pas toujours à la hauteur espérée mais nécessaires pour la réussite d’une mobilisation de masse gagnante.
Chaque fois, la mobilisation part du quotidien des salarié·es, avec un rôle majeur des syndicats pour faire du commun, créer un sentiment de légitimité à se mobiliser et ouvrir les espaces d’organisation de la lutte. Ce modus operandi, théorisé sous le terme d’organizing, est parfaitement transférable à notre champ en 2026. C’est même une nécessité pour opposer une perspective collective et victorieuse à un contexte pesant. Notre rôle dans cette bataille est de redonner espoir à nos collègues. Partons des problématiques de chaque école, politisons-les, démontrons que nous sommes toustes concerné·es, qu’elles font système et proposons d’engager des mobilisations croissantes qui alimenteront un puissant point d’orgue à l’automne pour peser sur le budget 2027 en pleines campagnes électorales.
Plaçons chaque étincelle locale dans un brasier collectif.
Militant·es, nous savons quelles sont les problématiques communes aux écoles : Un·e IEN autoritaire, une municipalité envahissante, des suppressions de postes massives, une école inclusive exsangue, un pilotage managérial…. Mais ce recensement des contextes et volontés d’actions rend-il nos collègues agissant·es, leur révèle-t-il objectivement que nous vivons les même difficultés et qu’il est urgent d’y mettre fin. Évidemment, nous ne pourrons pas aller dans chaque école en quelques semaines. Mais en nous appuyant sur nos syndiqué·es et nos sympathisant·es, nous pouvons recueillir l’état des discussions dans les écoles et, surtout, nous appuyer sur ce que nos collègues sont prêt·es à faire pour se mobiliser. Chaque bataille doit être allumée et menée, et chaque action s’inscrivant dans une campagne plus large, fédératrice des revendications et de nos collègues. Parce que l’école, c’est nous !
Donc partons des flammes du terrain pour les attiser, les fédérer, rendons-les visibles localement et nationalement, et organisons les collectifs. Tel est l’objectif de notre campagne. Construisons nos lendemains qui chantent.
