À un an des élections présidentielles, il nous faut de dresser le bilan des politiques éducatives imposées par Macron depuis presque dix ans. Ce bilan doit être construit avec nos collègues et avec les usagères et usagers de l’école. Il en va de la survie même des métiers et des parcours scolaires des élèves des classes populaires, déjà frappés par l’exacerbation des inégalités scolaires. Relégation et exclusion nourrissent aujourd’hui le vote pour l’extrême‑droite. À l’inverse, une profession unie, capable de dénoncer un système qui entretient les dominations et de porter une école égalitaire, peut faire reculer l’extrême‑droite.
Macron,10 ans de mesures inégalitaires :
10 ans que l’école aggrave les inégalités scolaires et le poids des déterminismes sociaux. Contrairement à ce qu’a pu affirmer Attal, les classes culturellement favorisées ne paient pas le prix de cette dégradation : elles restent au niveau des pays dits “performants”. Ce sont les élèves des milieux populaires qui trinquent.
10 ans que l’école laisse prospérer une réussite genrée : les cursus d’excellence restent majoritairement accaparés par les garçons, et des biais de genre s’installent très tôt, les écarts en mathématiques n’en étant qu’un symptôme.
10 ans que l’école fabrique aussi des parcours déterminés par l’origine ethno‑raciale, en surorientant massivement les élèves racisé·es vers les filières les plus dévalorisées.
L’arbre de l’EVARS peine à masquer la forêt des mesures inégalitaires. Les réformes récentes, à la croisée des dominations de classe, de race et de genre, dessinent une école pensée pour un élève “standard”, déjà en réussite, pour qui les codes scolaires vont de soi. Quand les classes populaires représentent 56 % des élèves, cet élève “standard” est pourtant minoritaire. On impose ainsi une norme scolaire construite sur les caractéristiques de groupes sociaux minoritaires mais dominants.
Macron, c’est aussi 10 ans de métiers assujettis, sommés d’être les rouages d’un projet scolaire inégalitaire. 10 ans de promotion de pratiques inégalitaires dans les formations, de pilotage renforcé pour les imposer en réagençant l’appareil hiérarchique, de rupture avec les acquis de la recherche désormais coupée du métier, et de moyens insuffisants qui creusent encore les écarts.
La campagne de terrain en cours qui prend appui sur les luttes départementales (carte scolaire, remplacement, école inclusive, …) est un levier pour construire cette analyse avec la profession. Dans les stages, les RIS et les “midis du SNU”, où les entrées éducatives nourrissent réflexions et débats, permettent d’alimenter les mobilisations à même de peser sur le vote du budget et sur les débats présidentiels. À nous de défendre des politiques scolaires alternatives, immédiatement accessibles : l’opportunité budgétaire liée à la baisse démographique et les acquis de la recherche en éducation.
Laissera‑t‑on se poursuivre le déploiement de politiques éducatives inégalitaires, qui fragilisent les métiers et renforcent la progression de l’extrême‑droite ? Créons, par notre campagne de terrain, les conditions pour que nos collègues transforment cette question en un engagement de haut niveau dans la lutte.
