Cher·es camarades et membres de la CAN,
Depuis plus de six mois, notre syndicat, le SNES-FSU, se trouve confronté à une crise profonde créée par la non résolution de problèmes de violences sexistes subies en interne par certaines d’entre nous. Cette situation qui s’enkyste entraîne selon nous une crise de valeurs et de notre fonctionnement démocratique, mais aussi une remise en cause de la solidarité entre militantes et militants.
Aujourd’hui, les faits connus ici du plus grand nombre sont accablants, documentés, et reconnus par les instances nationales et fédérales. Pourtant, rien ne bouge ou presque. Aujourd’hui, je veux donc rappeler trois urgences : la protection des victimes, le respect de nos mandats, et la qualité de notre fonctionnement démocratique. Car si nous ne réagissons pas, c’est l’ensemble de notre organisation qui perdra sa légitimité. Inutile de rappeler que nous avons des élections professionnelles en perspective.
Tout d’abord, l’urgence féministe : c’est-à-dire enfin protéger les victimes.
En mai 2025, la cellule VSS de la FSU a reconnu deux camarades déchargés et en responsabilité dans l’Oise comme auteurs de violences sexistes. Le secrétariat général du SNES a alors pris des mesures conservatoires en juin. Où en sommes-nous ?
- Les auteurs conservent leurs mandats : En l’absence de bureau départemental, les auteurs restent co-secrétaire départemental et secrétaire administratif, siègent toujours en CA académique et en F3SCT ou ont même bénéficié de nouvelles responsabilités (comme la nomination de l’un d’eux au CAEN en septembre). Ils continuent donc de représenter le SNES-FSU en manifestation et avec nos partenaires.
- A l’inverse, les victimes Amandine et Bénédicte, sont toujours mises à l’écart des instances départementales et elles sont entravées dans leur action syndicale départementale.
- Les mesures conservatoires adoptées et répétées par le SG ont été ignorées : Les auteurs ont fait la sourde oreille pendant plus de 6 mois, imposant leur présence au détriment de la santé et de la protection morale des victimes. Aucune sanction ne leur a été signifiée.
Je nous pose donc aussi collectivement la question aujourd’hui : « Comment pouvons-nous prétendre lutter contre les VSS si nous couvrons leurs auteurs ? Comment pouvons-nous parler de syndicalisme féministe si les victimes sont sacrifiées sur l’autel de l’inaction ? »
Ensuite, cette affaire révèle une urgence démocratique, à travers l’exigence du respect pur et simple de nos mandats. Ceux-ci sont clairs :
- En ce qui concerne le respect des votes internes et le pluralisme : Le secrétariat départemental doit refléter la diversité des tendances (UA/EE). Or, il est aujourd’hui monopolisé par une seule tendance, en violation des statuts et des arbitrages du SG.
- Concernant le fonctionnement de notre organisation et de ses instances : Accaparé par des collègues suspendus, le bureau départemental de l’Oise n’a pas été réuni depuis juin 2025, alors que son règlement intérieur impose une réunion trimestrielle. Les décisions et les actions qui ont été menées l’ont donc été de de manière unilatérale, dans l’opacité, mais aussi dans l’agression permanente des cris contre Amandine et Bénédicte, pour mieux les ostraciser.
- Concernant aussi l’exigence de transparence : Les mails sont censurés, les mots de passe changés pour exclure, ou retenir les informations. Où en est donc la démocratie au sein d’une organisation quand des camarades recourent aux pires méthodes bureaucratiques pour confisquer le fonctionnement de notre organisation à leur avantage ?
Enfin pour finir, il s’agit aussi d’une urgence syndicale car notre crédibilité est en jeu. En effet, cette situation n’est pas seulement préjudiciable aux victimes. Elle est délétère pour l’image du SNES.
- Délétère vis-à-vis de l’extérieur : Comment convaincre les collègues de nous rejoindre si nous tolérons des VSS en notre sein ? Comment rendre crédible notre action lors de la négociation des protocoles au rectorat ou au ministère ? Quelle image aussi renvoyons-nous aux autres OS, qui reçoivent malheureusement les échos de cette situation ?
- Et en Interne : Comment motiver les militants et les militantes si leurs voix sont étouffées, et la sincérité de leurs engagements piétinée ?
Après des mois de patience et de diplomatie, nous choisissons aujourd’hui de mettre clairement ces questions sur la table en plénière, et de ne plus les laisser aux débats internes des courants de pensée.
Pour conclure et demeurer positif, je dirai que nous ne partons pas de rien :
1. Les arbitrages légitimes des SG doivent être appliqués et permettre la tenue des instances pluralistes du S2 de l’Oise.
2. Nos mandats de La Rochelle existent : les pistes de travail ne demandent qu’à être mise en œuvre, et les conclusions à être présentées devant les instances nationales comme détaillé dans la fiche 6 intitulée « un syndicaliste féministe ». Je vous invite à la relire.
A cette heure, les victimes se posent la question de rendre publics les faits au-delà de la CAN, pour qu’enfin les mesures conservatoires et les arbitrages, mais surtout nos statuts, nos règlements intérieurs et nos valeurs soient respectés. Camarades, l’heure n’est donc plus aux tergiversations, mais à l’action.
