Débat action – Face à la vague brune : résistance(s) !

Une fois encore, nous nous réunissons alors que la période est troublée… et troublante… On en vient même à se surprendre à louer la pertinence et le courage des prises de positions de Dominique de Villepin, de Michel-Edouard Leclerc… et d’autres…

En effet le contexte international s’est, une nouvelle fois, aggravé sous l’influence de l’impérialisme états-unien sur fonds de concurrence pour l’accès aux ressources. Multiplication des conflits et des menaces : les différents gouvernements autoritaires se livrent une guerre d’influence dans le but de redécouper les zones de domination des uns et des autres, au mépris du droit international et de la vie des populations civiles.
Le contexte est également marqué, à l’intérieur des Etats-Unis par la « chasse aux migrants » que livre l’ICE pour répondre aux promesses de campagne de Trump. La mobilisation de la population pour y faire face est très forte.
Le SNES doit réaffirmer sa solidarité internationale pour ces luttes, qui sont étroitement liées à nos combats ici contre l’extrême-droitisation de notre pays.

En France, les mobilisations du 8 mars ont été un succès. Elles étaient fournies, jeunes et antifascistes. Il faut s’appuyer sur cette dynamique féministe pour faire avancer nos mandats contre l’extrême-droite mais aussi sur la précarité, les aesh, les salaires dans nos professions féminisées, les moyens et les conditions de travail dans l’Education Nationale, mais également le traitement des VSS dans toute la société.

La période est également marquée par l’enchaînement de catastrophes climatiques qui deviennent la norme et n’ont pas épargné notre territoire. Le SNES doit dénoncer l’absence de volonté politique sur les conséquences concrètes du dérèglement climatique et communiquer sur le lien entre nos revendications de justice sociale et écologique : à l’augmentation des salaires, le SNES avec la FSU doit associer la revendication d’une accélération des mesures en faveur de la transition énergétique. L’explosion du prix du baril, liée au conflit au Moyen-Orient, et l’inflation liée montrent à quel point la dépendance aux hydrocarbures est une impasse environnementale et sociale.

Impasse aussi que le budget austéritaire adopté, qui grève fortement les services publics, tout particulièrement la santé et -bien sur- l’éducation.
Le seul budget en hausse cette année est celui de l’armée. Le SNES doit s’opposer à la militarisation de la jeunesse et mener campagne sur ce thème, notamment contre le projet de service militaire volontaire.
Alors nous n’oublions pas la victoire contre le choc des savoirs et les groupes de niveau, l’EVARS, l’ouverture de négociations pour le statuts des AESH. Mais nous n’oublions pas non plus les nouvelles attaques que constituent les projets sur les rythmes scolaires, les nouveaux programmes, les maquettes de formation des maîtres·esses, le plan « 800 collèges ».

Au delà de ces attaques, l’éducation paye donc aujourd’hui un lourd tribut et voit de nouveau son budget fondre. Des divisions ferment, des postes sont supprimés. Et les conditions de travail de toutes et tous se dégradent, partout.
Ces dernières semaines, il y a eu chaque jour des mobilisations pour les moyens dans les établissements ; on a vu des semaines d’action dans certains départements et académies. Ces mobilisations concernent aussi bien le second degré, que le premier mais aussi le supérieur. Il faut à présent fédérer ces luttes et le SNES doit prendre sa part dans la construction d’une mobilisation éduc d’ampleur nationale avant la fin du mois de mars, avec la FSU et dans l’intersyndicale. Sans oublier l’école privée, qui se trouve beaucoup moins soumise à l’austérité que nous dans le public.

Un militant néofasciste est décédé à Lyon le 14 février, après avoir provoqué une rixe avec des militants antifascistes. La violence, physique ou morale, en politique, comme dans le militantisme, est aux antipodes des valeurs que nous défendons syndicalement, nous déplorons ce décès. Mais nous condamnons l’instrumentalisation de ce drame dans le débat public, de la part de l’extrême-droite, de la droite, du gouvernement et même d’une partie du centre gauche : elle ne vise qu’à diaboliser les forces politiques de gauche, banaliser l’extrême-droite pour rendre acceptable l’union des droites. Le mouvement social doit faire bloc pour affirmer son opposition aux politiques autoritaires calquées sur le programme du RN qui s’enchaînent depuis des années : il est minuit moins cinq !
Après le premier tour des municipales, on n’observe pas de percée nationale du RN, cependant certains maires d’extrême-droite ont déjà été réélus dès le premier tour ! Leur ancrage s’installe dans la durée et ces victoires serviront de marche-pied pour les prochaines élections. Dès aujourd’hui, le SNES avec la FSU doit communiquer sur le fait qu’aucune voix ne doit aller à l’extrême-droite, ni aux listes qui reprennent son programme. Le SNES doit adhérer à Visa.

L’extrême-droite prospère sur le sentiment de relégation, d’abandon, sur la désertification, la disparition des services publics. Alors mobilisons-nous pour rappeler leur importance, ce sera la meilleure façon de contrer la progression des forces racistes et néofascistes : informons, ayons le souci de l’unité, soyons offensifs, donnons-nous une vraie chance de victoire !