Crise interne au SNES : faire vivre pleinement nos valeurs et nos principes

Après le BN exceptionnel de la semaine dernière, nous prenons une nouvelle fois acte des annonces qui sont faites aujourd’hui concernant la vie interne du SNES. Aujourd’hui, cette situation de crise est dramatique et atteint un point de rupture ou de paralysie.

L’annonce de sa démission par Emmanuel Séchet a nourri beaucoup d’échanges depuis 2 semaines, mais notre appréciation de la situation n’a pas changé. Nous pensons que ce qui touche le secrétariat général de notre organisation concerne bien tou·te·s les militant·es. Nous pouvons donc saluer le fait qu’une partie de la discussion ait pu se dérouler dans le cadre élargi du Conseil national. 

Toutefois, il y aurait selon nous beaucoup à dire sur la forme comme sur le fond de cette crise. Mais comme nous l’avons expliqué en BN la semaine dernière, nous allons essayer de nous concentrer sur l’essentiel, car notre rôle n’est aucunement d’ajouter de la dissension ni de jouer les donneurs de leçon, dans une crise qui ne devrait pas avoir sa place au SNES :

1) au regard du contexte et des priorités politiques et syndicales du moment. Et c’est un point d’accord qui semblait être partagé lors de nos dernières instances nationales ;

2) car elle engendre de la souffrance psychologique individuelle, une souffrance similaire à celle que nous combattons syndicalement dans les logiques du management toxique au travail. Nous ne pouvons l’accepter ;

3) car nous possédons statutairement un cadre de militantisme et de discussion, c’est-à-dire des instances qui permettent normalement de débattre, de faire consensus entre nous ou bien de trancher nos divergences par des délibérations démocratiques. 

Aussi, nous nous associons pleinement aux positions développées avec clarté dans certaines motions de CAA. Nous souhaitons également réaffirmer l’importance de notre fonctionnement démocratique et du respect des mandats définis lors du congrès de la Rochelle, et réaffirmés depuis par nos instances. Nous partageons l’idée que la force du SNES-FSU dans la profession et envers l’opinion, c’est son syndicalisme de lutte et de transformation sociale, le seul à même de répondre aux enjeux de la période complexe que nous vivons.

Par conséquent, nous ne pouvons collectivement nous permettre d’affaiblir et de diviser le SNES. Le moment venu, nous aurons tou·te·s l’occasion de faire campagne en vue du prochain congrès, et de trancher des désaccords politiques de fond ; mais pour l’heure, dans le respect des statuts, nous défendrons le principe de notre fonctionnement démocratique. Pour être plus précis, nous insisterons plus particulièrement sur le nécessaire  respect des délibérations prises par les instances internes, mais aussi sur l’importance des courants de pensée en tant qu’outil du débat et de la réflexion pour dynamiser notre organisation, et non pour la scléroser.

Dans une époque où la démocratie est malmenée, il en va de notre responsabilité morale et politique de faire vivre pleinement nos valeurs et ces principes. C’est là un enjeu majeur pour garantir le lien entre le SNES-FSU et l’ensemble de ses militant·es, mais aussi pour rester pleinement le syndicat majoritaire de nos professions et un syndicat ancré dans la société. Aujourd’hui, nous pensons qu’il faut sans doute un syndicat qui se donne les moyens de fonctionner différemment et cette discussion pourra se poursuivre d’ici au congrès. En attendant, les militant·es de l’EE se tiennent à vos côtés, disponibles et combatifs·ves pour discuter et mettre en œuvre notre plan d’action, à commencer par une date de grève Educ, lutter contre les idées d’ED et faire gagner la FSU aux élections professionnelles !  Ce sont bien là les priorités qui concernent aujourd’hui notre travail syndical lors de ce CN.