Dans cette période de carte scolaire où les effets du budget délétère pour 2026 se concrétisent sur le terrain, les sections départementales sont mobilisées pour défendre l’école et les personnels. Que ce soit contre les fermetures de classes et d’école, contre la restructuration du remplacement, pour des moyens pour l’école inclusive, la FSU-SNUIPP est sur le terrain, dans les écoles, organise des RIS, construit les mobilisations. Parvenir à engager le plus grand nombre de collègues possible dans ces mobilisations, c’est les rendre acteurices de celles-ci et leur donner l’envie et la force d’entrer dans la lutte à un niveau qui leur est acceptable / possible.
Co-contruire et donc co-organiser c’est aller au-delà du mot d’ordre. Organiser, c’est construire du collectif là où le travail est de plus en plus individualisé, là où la politique éducative est à l’œuvre pour isoler les personnels et affaiblir les solidarités.
Dans les écoles, cela commence par des actions simples mais décisives :
– rencontrer les collègues et ouvrir les espaces de discussions, leur donner envie de discuter entre elles et eux, repolitisant ainsi nos salles des maitresses et nos métiers
– comprendre ce qui les met en colère, ce qui les empêche d’agir, ce qui peut au contraire leur donner envie de se mobiliser
-faire qu’ils et elles s’engagent dans une lutte d’abord locale puis de plus en plus large.
C’est reconstruire des équipes, des habitudes d’action collective, des moments où l’on se retrouve pour décider ensemble. Une réunion d’information syndicale, une mobilisation contre une fermeture de classe, un collectif avec des parents… Ces mobilisations sont locales, parfois modestes. Mais c’est précisément là que se construit la force de notre syndicat.
C’est aussi en faisant le lien entre ces mobilisations locales et notre campagne nationale « d’un autre budget pour l’école » que celle-ci pourra prendre appui sur ces centaines de dynamiques locales. Quand un département se mobilise sur les remplacements, sur la direction d’école, sur la dégradation des conditions de travail, ce n’est pas une mobilisation “à côté” de la campagne nationale. Mais au contraire c’est son carburant sur le terrain. C’est souvent le point d’entrée dans la mobilisation. C’est là que les collègues se rencontrent, discutent, prennent confiance, voient qu’iels ne sont pas seul·es, se réapproprient l’outil syndical.
Autrement dit, les mobilisations départementales sont le moteur de la campagne nationale au long cours. À condition, bien sûr, que nous fassions ce travail d’articulation politique : relier les luttes, partager les expériences, construire des perspectives communes.
C’est pour ça qu’il nous faut lier carte scolaire, remplacement, école inclusive et campagne pour l’école, pour que les collègues se sentent actrices et acteurs, parce qu’iels ont participé à organiser la lutte, notre campagne prendra de l’ampleur et permettra de créer un vrai rapport de force.
C’est cette conception du syndicalisme que nous portons : un syndicalisme qui permet aux individus de s’organiser, de se politiser, qui leur permet de reprendre du pouvoir sur leur travail et sur l’école.
