Poursuivre notre campagne pour une autre école – construire les mobilisations de rentrée

Le principal enjeu de ce conseil national est d’inscrire dans notre campagne  «L’école c’est nous ! » des perspectives à la rentrée prochaine. Car cette rentrée sera d’abord celle des conséquences brutales des choix austéritaires du gouvernement. Les cartes scolaires que nous venons de subir comptent parmi les plus violentes de ces dernières années. Les suppressions de postes prévues au budget 2026 se traduisent par des fermetures de classes très nombreuses, qui ont des conséquences qui dépassent les écoles concernées. Cela entraîne des mouvements bloqués, des équipes épuisées et des conditions d’enseignement encore dégradées.

Et pourtant, la baisse démographique aurait pu permettre tout autre chose : baisser les effectifs, renforcer le remplacement, reconstruire les RASED, améliorer réellement les conditions de travail, la mise en place des PDMQDC, de notre mandat de 18+3. Le gouvernement s’entête dans une autre voie : celle de réduire encore la dépense publique et d’organiser le recul du service public d’éducation.

Face à ces choix politiques, un coup d’arrêt est nécessaire. Nous devons prendre dès maintenant l’engagement de construire un mouvement de grève d’ampleur à la rentrée, suffisamment fort, suffisamment inscrit dans la durée, pour imposer une bifurcation des politiques éducatives menées.

Le sous-investissement chronique en éducation cristallise l’abandon progressif de toute ambition éducative et émancipatrice. C’est donc sur cette question budgétaire, dès la rentrée,  que nous devons faire converger l’ensemble de nos revendications, celles que nous portons dans notre campagne de terrain “L’école c’est nous”.

  • Nos revendications salariales d’abord, face au déclassement continu des professeur·es des écoles et au maintien des AESH dans une précarité insupportable, aggravée par l’inflation.
  • Nos revendications pour rompre avec des politiques éducatives qui aggravent les inégalités scolaires à coups de manque de moyens, de prescriptions pédagogiques autoritaires et de management de proximité délétère qui décomposent les collectifs de travail et vident nos métiers de leur ambition émancipatrice.
  • Nos revendications aussi pour une école inclusive qui rompe avec les logiques libérales actuelles : une école réellement dotée en moyens suffisants, en formation, en structures adaptées, et qui ne soit plus une école de l’assignation à la marge pour une partie des élèves.
  • Nos revendications enfin pour investir massivement dans l’éducation afin de répondre aux enjeux écologiques, tant sur les bâtis scolaires que sur la formation des générations futures.

Mais ce niveau de détermination ne se décrète pas. Il se construit dès maintenant, par le travail de terrain, les tournées d’écoles, les RIS, les discussions avec les collègues, la reconstruction des collectifs de travail et la conviction partagée qu’il est possible de gagner. L’engagement de construire un mouvement d’ampleur pour la rentrée, ayant pour objectif l’inscription du plus grand nombre dans une grève suffisamment forte et inscrite dans la durée est une étape incontournable qui facilitera le travail militant.

L’épisode budgétaire qui s’ouvre sera à la fois un moment de confrontation politique majeur et la mesure de l’impact de notre travail militant mené ces derniers mois et dans les semaines à venir. À nous de faire converger les colères, les revendications et les luttes pour construire, dès la rentrée, le rapport de force nécessaire pour faire plier le gouvernement. En redonnant la perspective d’un futur désirable, face au projet nauséabond de l’extrême droite, nous pèserons pour une alternance politique en 2027.