“Notre institution ne peut prétendre prendre soin des élèves si elle ne prend pas soin de ses personnels” : cette phrase issue de la circulaire de rentrée 2026 sonne comme un affront supplémentaire pour les AESH. Dans sa note de mars 2026, consacrée à leurs conditions d’exercice, la DEPP met en évidence la précarité dans laquelle elles sont sciemment maintenues : alors que 94% des AESH sont des femmes, 98% d’entre elles travaillent à temps incomplet avec une quotité moyenne équivalente à 63% d’un temps plein, pour un salaire net mensuel moyen de 1030 euros. La DEPP montre aussi que les AESH accompagnent de plus en plus d’élèves, révélant ainsi le manque structurel de personnels qu’elles comblent au détriment de leur propre santé au travail.
C’est dans ce contexte que se tient ce matin le premier GT qu’Édouard Geffray avait annoncé pour mars. Ce retard et les récentes annonces faites par le ministre, notamment sur une fonctionnarisation de 20% seulement des AESH, sont une réelle source d’inquiétude. Un second GT prévu mi-juin viendra certainement alimenter les décisions que prendra la CNH fin juin. Nos positions doivent être fortes, et la pression doit venir de toute la communauté éducative : “un statut pour les AESH, pour tou·tes les AESH”. Ne laissons pas la CNH prendre une énième mauvaise direction pour l’école inclusive !
Il nous faut dès à présent nous mandater sur les réponses à apporter aux annonces qui seront faites, et penser les suites. Nous devons construire dès aujourd’hui une mobilisation sur le long terme et inscrire à la rentrée une campagne visant une action de grande ampleur à la veille des élections présidentielles, en passant par les élections professionnelles, En parallèle, la poursuite du travail sur le référentiel métier n’en devient que plus urgente.
C’est d’autant plus urgent que la profession des AESH, fortement précarisée, est une cible privilégiée de l’extrême-droite qui dans sa stratégie tente de se positionner en défenseur des travailleurs et travailleuses les plus précaires.
Pourtant, dans ses programmes de 2022 et 2024, le RN n’a pas une fois mentionné les termes “inclusion” et “AESH”. La prise en compte des élèves à besoins éducatifs particuliers que le RN prône est à mille lieues des principes d’inclusion, avec des mesures répressives plutôt qu’éducatives.
L’extrême-droite ne sait que bafouer la fonction émancipatrice de l’École, à laquelle contribuent pleinement les AESH.
Plutôt que de défendre l’amélioration des conditions de travail et salariales des AESH, l’extrême-droite ne porte rien en matière d’égalité femmes-homme et constitue même une menace pour les femmes, leurs acquis et leurs droits. Son emprise sur cette catégorie de personnels très majoritairement féminisée n’en est que plus dangereuse.
La FSU-SNUipp, et la FSU dans son ensemble, doivent porter d’une même voix les revendications des plus précaires et imposer des choix budgétaires nécessaires au bon fonctionnement de l’École inclusive. Parce que l’École, c’est nous aussi, construisons les mobilisations pour l’École inclusive que nous voulons et pour gagner la reconnaissance statutaire des AESH.
