Edito – Mettre la pression partout sur la gauche et contre le budget d’austérité

  • édito de l’équipe responsable de l’école émancipée

La situation politique internationale et nationale était déjà bien dégradée, mais, en quelques jours, on a assisté à une nouvelle accélération de l’offensive réactionnaire qui caractérise la période.
Au niveau international, après s’en être pris au Venezuela, Trump, avec son allié israélien, attaque l’Iran. Israël en profite pour mener une guerre plus globale en bombardant les pays alentours comme le Liban, sans stopper ses agressions contre les Palestinien·nes. Le même Trump fait sa liste de pays à attaquer à commencer par Cuba, sans oublier le Groenland. Il profite aussi de toutes les occasions pour appuyer l’extrême droite européenne en s’ingérant dans leurs affaires internes, critiquer violemment l’Espagne qui refuse l’utilisation de son espace aérien pour les avions qui bombardent l’Iran, ou en apportant son soutien au jeune fasciste tué à Lyon.
En France, les réactions à la mort d’un militant d’extrême droite ne se sont pas limitées à condamner la violence physique et ses conséquences mortelles dans la vie politique. L’essentiel a consisté en une attaque en règle de l’antifascisme et en particulier de LFI.

L’Ecole Emancipée n’accepte pas que quelqu’un perde la vie dans une bagarre de rue, mais elle dénonce depuis des années la violence de l’extrême droite, en particulier à Lyon mais pas que. Les pouvoirs publics n’ont rien fait pour la faire stopper. Pourtant les morts liées à des militants d’extrême droite sont nombreuses et l’assassinat du joueur de rugby argentin Aramburú par une figure de l’extrême droite française aurait dû être un déclencheur. Mais rien, nulle minute de silence à l’Assemblée nationale, ni les mêmes dénonciations dans la presse mainstream, nationale comme régionale.
En revanche, la pression maximale est mise sur la gauche pour qu’elle se divise durablement. C’est un piège mortel. La gauche politique est en mauvais état. Pourtant la constitution du NFP pour les élections législatives, montrait qu’il y avait du potentiel si l’unité sur un programme clair était réalisée. L’énorme succès des manifs du 8 mars montre qu’il y a de grosses capacités de mobilisation.

Dimanche prochain et le suivant, auront lieu les élections municipales.
Il faut que les forces de gauche renouent avec l’unité entre les deux tours, sur la base du programme qui faisait accord au moment du NFP, pour montrer qu’on peut encore gagner. Si la division l’emporte, ce sera la défaite assurée et la voie libre pour le gouvernement pour continuer sa politique de casse sociale. Enfin, cela ouvrira un avenir radieux à l’extrême droite en 2027 qui risque de sortir renforcée au soir du 22 mars.

Le mouvement syndical, principalement celui de transformation sociale, et la FSU en particulier, doivent continuer à mettre la pression partout sur la gauche politique pour qu’elle ne tourne pas le dos à l’intérêt commun et à la lutte contre le fascisme au profit de petits calculs boutiquiers. Notre camp social doit participer à la construction d’alternatives dans des cadres unitaires larges. Cela passe par l’action syndicale sous toutes ses formes, en construisant les grèves sectorielles contre le budget d’austérité de la macronie et ses allié·es et par la réussite des manifestations contre le racisme en mars.