Débat action – Apocalypse now ?

Avec le recours au 49.3 par le premier ministre pour faire passer le PLF, nous ne pouvons que nous inquiéter des conséquences du passage en force de ce budget : on pense évidemment au financement plus important des armées au détriment des services publics, dont celui de l’Education Nationale, qui jusque là était prioritaire et presque sanctuarisé. Aujourd’hui, il devient le deuxième budget de l’état derrière l’armée. Le message, dans le contexte de tension internationale, est inquiétant pour les générations futures !

Nous sommes toutes et tous d’accord pour dire que le contexte budgétaire contraint, repoussé et encore repoussé, plonge les collègues dans l’incertitude et l’inquiétude. Cette conjoncture doit être le moment de porter nos mandats : le SNES-FSU demande la baisse des effectifs dans les classes ; saisissons-nous alors de la fameuse baisse démographique pour la gagner ! C’est tout le contraire que nous annonce le gouvernement : ENCORE 4000 postes supprimés, ce qui dégradera ENCORE nos conditions de travail. Comment faire cours à des élèves entassé·es dans des salles devenues trop petites, glaciales en hiver, caniculaires en été, avec de plus en plus d’élèves à besoins particuliers accompagné·es parfois d’AESH ? Et comment prendre en compte l’hétérogénéité sans moyens supplémentaires ?

Depuis la réforme du Choc des Savoirs, les collègues se sont rendu compte (ou souvenu) que des effectifs réduits permettaient un travail de meilleure qualité et un suivi plus individualisé avec les élèves : il faut surfer sur cette prise de conscience !

Parallèlement, même si nous sommes tous et toutes d’accord pour dire que l’annonce de création de 800 postes d’AESH est un début de réponse, cela reste insuffisant pour accueillir dignement tous·tes les élèves en situation de handicap. 

Ces collègues, précaires et précarisé·es, doivent être reconnu·es comme des professionnel·les, formé·es et rémunéré·es à leur juste valeur. Le SNES-FSU ne doit rien lâcher sur son mandat de création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B et intégrer les luttes pour les AESH dans une mobilisation plus générale sur les rémunérations et la question de la précarité. 

Ainsi, tou·te·s les collègues se rejoignent et sur le constat et sur les solutions. Le SNES-FSU doit donc dès maintenant mettre en œuvre un plan d’actions pour nous faire entendre, au moment où l’opinion publique est avec nous. Dans une profession largement féminisée, le SNES-FSU doit se mandater sur une semaine d’actions autour du 8 mars, comme c’est par exemple déjà proposé dans certains départements en intersyndicale (44) : le lundi mobilisation des AESH, le mardi les AED, le mercredi tournée des établissements et le jeudi manifestation unitaire de l’Education. 

Ce n’est qu’ensemble et de manière unitaire et intersyndicale que nous pourrons porter et faire gagner nos revendications.