Nous sommes à minuit moins le quart mais ce n’est pas plié. Les présidentielles se profilent, avec une réalité que nous ne pouvons pas éviter : l’hypothèse fasciste s’installe dans le paysage politique. Face à cette urgence, on ne peut pas seulement être observateur·ices ou appeler de nos vœux, faire des tribunes pour une unité de la gauche. Force est de constater que ça ne suffit pas ! Nous devons œuvrer à construire des digues concrètes.
L’irresponsabilité des politiques de gauche, leur incapacité à proposer une alternative, nous oblige à l’impulser et à la construire. Nous devons peser pour imposer des cadres unitaires, rassembler largement et empêcher la banalisation des discours réactionnaires sous couvert de gestion « locale » dans les campagnes municipales par exemple. Le syndicalisme a une action politique à mener sans dépendance aucune des partis mais en ne s’interdisant aucun travail, aucun front commun. C’est d’ailleurs ce que nous faisons déjà. Localement, quand nous nous battons contre l’école privée ou pour des moyens lors des cartes scolaires : nous faisons des fronts avec les partis.
Nous devons donc investir tous les espaces à tout moment, de la carte scolaire aux campagnes électorales pour ne pas laisser la place à l’extrême droite et ses idées. Être présent·es partout, pour ne pas les laisser prospérer.
Le RN se donne une image de proximité : il parle de carte scolaire notamment en milieu rural, de fermetures de classes, de désertification des services publics, il prétend défendre les territoires abandonnés. Mais c’est une imposture totale. Tous leurs actes et leurs votes sont pour moins de services publics, moins de solidarité, plus de sélection, plus d’inégalités, plus d’autoritarisme. On ne protège pas les territoires en cassant les politiques publiques et en opposant les populations entre elles. La FSU-SNUipp doit être encore plus présente sur le terrain. À la fois dans les écoles mais aussi pro-active dans la rencontre des candidat·es de notre camp social.
Dans ce contexte d’éclatement de la gauche, notre responsabilité syndicale, avec les autres organisations de lutte et de transformation sociale, est de pousser les politiques à s’unir dès les municipales pour empêcher le plus grand nombre de communes de basculer. Construire l’unité de classe, défendre une école émancipatrice, combattre l’extrême droite là où elle s’installe concrètement : c’est construire un syndicalisme de transformation sociale.
