le 8 mars – grève féministe contre le patriarcat

Le dernier sondage Opinionway pour Sidaction de décembre 2025 révèle une percée importante de l’écho des discours masculinistes auprès des hommes en France, tous âges confondus, particulièrement chez les 16-34 ans.

58% des hommes jugent que le féminisme va trop loin et en fait trop aujourd’hui. Un homme sur deux trouve que la société s’acharne sur lui. Ce sondage montre que la virilité reste un marqueur normatif puissant. Un homme sur deux (51%) juge important d’être viril (65% parmi les sympathisants d’extrême droite). Ce besoin de virilité participe au continuum des violences faites aux femmes car elle en est le terreau. Cette poussée masculiniste est forte en France et partout dans le monde.

La situation internationale en témoigne : masculinisme et militarisme s’alimentent mutuellement. La guerre, dans sa représentation, est intimement liée à l’identité masculine : force, virilité, protection, patriotisme. Elle reprend tous les codes du patriarcat et les nourrit : verticalité, hiérarchie, autorité, conquête, domination, colonisation, exploitation, profits. La guerre, initiée et faite par les hommes, poursuit l’objectif du développement du capitalisme et la prédation des ressources par les dominants.

Or en temps de guerre, ce sont les femmes, les enfants et les plus vulnérables qui sont les premières victimes. Les femmes sont victimes d’agressions sexuelles et de viol comme arme de guerre et sont ensuite dans l’impossibilité de se faire avorter, si elles en réchappent. Tortures, traites humaines, prostitution, exils, mutilations et traumatismes, augmentation des discriminations. Les femmes se retrouvent également, en temps de guerre, encore plus qu’à l’accoutumé, en charge de nourrir, soigner et gérer seules les enfants, les personnes âgées, les blessé·es. C’est plus de la moitié de l’humanité qui souffre, voit ses droits annihilés et subit les décisions belliqueuses prises par quelques poignées d’hommes .

À l’heure des guerres génocidaires, des coups d’État, des impérialismes démultipliés, de la Palestine au Soudan, du Venezuela à l’Ukraine, nous préparons et participerons aux différentes mobilisations du 8 mars, en solidarité avec nos sœurs du monde entier.

Nous devons, même si ce 8 mars est un dimanche, communiquer sur la grève féministe qui s’inscrit dans le cadre d’une journée internationale et être au côté de celles qui sont confrontées aux régimes fascisants et réactionnaires, celles qui subissent la crise climatique et se défendent pour leurs libertés et leurs droits. Porter ce combat de grève féministe un dimanche, c’est aussi préparer le terrain des années à venir.

Le 8 mars est un jour de grève des travailleuses, certes, mais également grève des tâches ménagères, grève des soins aux proches, de la consommation : quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête, et les sales connes sauront bien le rappeler et continuer à se battre pour faire avancer les droits des femmes.

La période actuelle nous oblige à rester encore plus mobilisé·es au quotidien contre le patriarcat, le racisme, les politiques libérales et autoritaires du gouvernement et contre l’extrême droite qui sont des facteurs de recul des droits et nous empêchent d’en obtenir de nouveaux.

Je terminerai par cette citation d’une objectrice de conscience israélienne, qui s’est opposée à la guerre, Einat Gerlitz : « le féminisme, ce n’est pas l’égalité dans l’exercice de la domination, c’est l’émancipation de toutes ».