Pour une campagne d’action résolument de terrain

Partir du terrain pour construire notre action. C’est sur cette base que notre organisation syndicale s’est construite et c’est ce que nous devons garder en tête, alors que les menaces sur les libertés, l’écologie, les minorités … ne cessent de s’accumuler sur notre monde.

Si la période actuelle provoque la sidération et à l’atonie, notre responsabilité au contraire est de pousser à l’éveil des consciences et de permettre aux personnels de s’engager dans la construction de la lutte. C’est la seule option pour obliger la sphère politique à prendre en compte les besoins dans notre champ professionnel.

En 2027, la FSU-SNUipp devra porter les revendications pour les imposer dans les projets des candidat·es à l’élection présidentielle. Pour réussir à peser dans les débats, il faut montrer que nous représentons la masse des personnels des écoles. Cela suppose donc à la fois de progresser aux élections professionnelles de décembre 2026 mais aussi d’obtenir le plus de victoires possibles en augmentant le rapport de force par des actions et des mobilisations d’envergure. Vastes chantiers dont les échéances se préparent maintenant : d’où notre engagement dans une campagne syndicale sur le long terme, qui prend appui sur le quotidien des écoles et la parole de nos collègues pour les fédérer, les organiser et les mettre en mouvement.

La période de la carte scolaire, propice aux rencontres avec les collègues et aux mobilisations dans tous les départements est la suite idéale de la campagne entamée autour du budget. Aller dans les écoles pour la carte scolaire, à la FSU-SNUipp nous savons très bien le faire. Mais si la carte scolaire et les moyens en postes sont un enjeu crucial pour améliorer l’école, les problématiques dans les salles des personnels sont beaucoup plus nombreuses et le quotidien a besoin de plus et surtout de mieux : salaires, amélioration des conditions de travail, inclusion, remplacement, refus d’absence ou de temps partiel, temps de travail qui déborde, encadrement des pratiques et « pilotage »… La priorité des mois à venir : aller visiter un nombre encore plus important d’écoles et aller au-delà de celles concernées par une mesure.

C’est bien en allant dans les écoles sur les problématiques du quotidien, en amenant les collègues à réfléchir, à débattre, à exprimer leurs revendications urgentes et à envisager ce qu’elles et ils sont prêtes à engager que nous les mobiliserons. Au-delà d’être leur porte-voix, notre rôle est de les organiser afin d’engager un mouvement collectif.

Nous avons consulté nos collègues à plusieurs reprises par le biais de la campagne « j’alerte » et de celle sur l’inclusion notamment. Il s’agit maintenant de mettre en débat avec nos collègues ce qu’iels sont prêt·es à défendre et prêt·es à faire pour que l’expression des besoins et d’une légitime colère débouche sur des actions, locales et nationales, et n’en reste pas au stade de l’agitation.

Ainsi, nous pourrons nous appuyer sur ce « printemps des écoles » dès la rentrée 2026 pour engager des actions fortes et massives sur le budget, qui sera sans aucun doute la caisse de résonance des projets présidentiels sur lesquels il nous faudra peser. Cet engagement offensif nous rendra dans le même temps visibles pour les élections professionnelles et nous pèserons d’autant plus pour imposer notre projet pour l’école publique comme un élément central des élections présidentielle. Si le projet de cette campagne est ambitieux, il est surtout porteur d’espoir, motivant pour les militant·es que nous sommes et absolument nécessaire dans cette sombre période.