Position de l’EE SNEP sur la réforme du lycée.

jeudi 2 octobre 2008  | 

POSITION DE L’ECOLE EMANCIPEE

Les militants Ecole Emancipée du SNEP emettent un avis défavorable à la poursuite de la discussion par le SNEP du projet gouvernemental sur le lycée, alors qu’il s’inscrit dans une politique acharnée de suppression de milliers de postes dans l’éducation, notamment au budget 2009.

Les récentes propositions du négociateur du ministre Xavier DARCOS, Jean-Pierre de GAUDEMAR, sont l’application directe de cette politique de casse de la fonction publique et du service public d’éducation. Le SNEP ne doit pas poursuivre le jeu pipé d’un pseudo débat pédagogique qui tente de maquiller la diminution des horaires obligatoires pour des raisons d’économie. Sous couvert de pédagogie, le négociateur évite les sujets qui fâchent et élude ce qui devrait être le coeur du débat public entre professionnels et usagers du système éducatif : les objectifs et contenus éducatifs du Lycée, les programmes, le baccalauréat. La question des services des personnels est soigneusement masquée pour mieux pouvoir imposer leur augmentation aprés l’acceptation de la réforme . Encore une fois, comme lors du texte « points de convergence sur la réforme du Lycée » que le SNEP a signé, on constate que le débat porte sur une nouvelle organisation de l’enseignement, sur les structures, alors que la refonte des programmes qui en découlera n’est qu’évoquée.

Le mandat de congrès du SNEP, d’augmentation des horaires, pour 3H en lycée a été refusé par le « négociateur ». A la diminution de l’horaire obligatoire à 27H du ministère, il faut opposer une alternative éducative globale, une nouvelle polyvalence commune des programmes au Lycée , qui justifie une augmentation pour tous des horaires scolaires. C’est seulement dans le cadre d’un tel débat pluridisciplinaire que la revendication de trois heure d’EPS pourra être motivée et soutenue par un rapport de force plus large. La proposition de l’organisation de l’EPS obligatoire en modules, affaiblit l’ obligation actuelle d’horaires hebdomadaires et la soumet à des arbitrages internes à l’établissement dans le cadre de l’autonomie renforcée souhaitée par le ministère. Ce qui avec les « parcours individualisés » et l’adaptation des contenus aux publics scolaires, (texte des « points de convergences ») ne peut que renforcer les profils d’établissement, la concurrence et la hiérarchie entre ceux-ci.

Nous ne pouvons accepter qu’à la diminution du temps scolaire obligatoire soit substituée de l’accompagnement éducatif en HSE, s’ajoutant déjà en collège aux services des enseignants, relevant en lycée des contrats d’objectifs hors dotation horaire en postes, alors que les heures de soutien individualisées sont dans le même temps supprimées des services.

Nous ne pouvons pas, de nouveau, souscrire à la méthode de discussion du ministère qui ne veut débattre que sur ses propositions et plie le syndicat aux rythmes qu’il a décidé.En appelant à la grève et à un débat échelonné dans le temps sur la « réforme » du Lycée avec la profession, tout en acceptant les échéances et la méthode gouvernementale, le SNEP prend le risque d’être incompris par les collègues et de se couper d’eux. C’est sans doute le but recherché par le ministère. Ce qui est urgent, c’est de débattre au sein du SNEP et de la FSU d’une position commune qui serait défendue dans les négociations bilatérales, c’est de refuser de signer tout document sans un large débat public. Nous sommes donc en désaccord également avec la signature par le SNEP d’un pré-texte gouvernemental « d’entrée en discussion »sur la « réforme » de la formation des enseignants.

Enfin les décisions du SNEP, sur des sujets aussi importants qui engagent l’avenir de la profession, et posent des questions de stratégie syndicale, doivent être prises dans les instances régulières du SNEP, CDN et BN, elles ne peuvent pas relever des seuls échanges par mails. Le Secrétariat National du SNEP ne doit pas prendre de décision avant la tenue du Conseil Délibératif National du 23 et 24 octobre, pour laisser du temps au débat. Nous demandons, dans l’immédiat la réunion d’un Bureau National pour faire le point sur les enjeux et débattre des modalités du débat au sein du SNEP, avec la FSU et ses syndicats. Les représentants de l’Ecole Emancipée défendront la position ci-dessus dans les instances du SNEP

NB : Nous demandons que cette contribution soit envoyée aux responsables départementaux du SNEP


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