Précarité : un combat essentiel !

lundi 26 février 2007  | 

L’offensive libérale de ces dernières années a, entre autres effets, celui de continuer à développer la précarité. La résistance s’organise au fur et à mesure que le problème est compris. Mais il n’est pas toujours évident de contrer l’offensive idéologique qui vise à présenter la précarité comme « un état naturel » (cf la petite phrase de la présidente du Medef). Le défi qui se pose au syndicalisme est triple : comment contrer l’idéologie de « l’inévitable précarité », comment défendre et organiser au quotidien les précaires et autour de quelles revendications les mobiliser. En 2500 signes, nous ne traiterons là que le premier aspect.

Dans le second degré, la précarité devient multiforme. Nous sommes passés des maîtres auxiliaires et des mi/se, qui bien que précaires, bénéficiaient de garanties, à plusieurs sous « statuts » : contractuels, vacataires, CDI, assistants d’éducation, assistants pédagogiques, CAE… Non seulement ces pseudos statuts offrent de moins en moins de droits, mais ils sont de plus en plus fragilisant car isolent les collègues dans un rapport individuel au chef d’établissement et ne leur apportent plus de références communes.

Si nous prenons l’exemple de l’individualisation du rapport employeur/employé du vacataire ou de l’assistant d’éducation avec le chef d’établissement, on peut parler d’un double isolement : il est en effet d’une part isolé de la structure syndicale, si elle n’existe pas dans l’établissement, et d’autre part des collègues d’autres établissements, du fait qu’il ne se considère plus comme employé de l’EN, mais de l’établissement lui-même. Cette absence de sentiment d’appartenance à l’EN et d’y avoir un quelconque avenir est un frein puissant tant à l’organisation au sein du Snes que de l’action. Cette distanciation du lien professionnel et donc des solidarités collectives par le morcellement des sous « statuts » n’est pas un hasard. Il s’agit bel et bien d’une volonté idéologique de casser les résistances collectives, d’abord pour les précaires, puis pour les titulaires. Face à cela, il importe que l’organisation syndicale retisse à nouveau du lien professionnel et revendicatif entre les collègues précaires par des demandes et des démarches militantes unifiantes. Cela suppose donc que la précarité ne soit pas traitée comme une question catégorielle, mais comme une priorité, que l’ensemble du Snes s’adresse aux précaires pour leur dire : « votre combat est le nôtre car la précarité est le laboratoire de la casse du statut ».

Laurent Boiron, Jean-Marie Barbazanges, Ecole émancipée.


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